Tuerie en Nouvelle-Écosse: une manifestation devient une marche de remerciement

HALIFAX — Une centaine de personnes, dont des proches des victimes de la tuerie d’avril en Nouvelle-Écosse, ont défilé dans les rues de Halifax, mercredi matin, pour remercier ceux qui les ont appuyés dans leur lutte au cours des dernières semaines.

La veille, le gouvernement fédéral et celui de la Nouvelle-Écosse avaient convenu d’abandonner l’idée d’un «comité d’examen indépendant» sur la tuerie et de mener plutôt conjointement une enquête publique en bonne et due forme — avec le pouvoir de contraindre des personnes à témoigner et à produire des documents.

Les familles des victimes avaient initialement prévu une marche vers l’Assemblée législative pour contester la décision prise la semaine dernière de tenir un «examen indépendant» des circonstances entourant la tuerie qui a fait 22 morts les 18 et 19 avril. Ce processus aurait tenu ses travaux à huis clos et son mandat prévoyait que seules les conclusions et les recommandations seraient rendues publiques.

Cette décision a suscité beaucoup de grogne de la part de groupes de femmes, des partis de l’opposition, de sénateurs fédéraux et de juristes — en plus de la moitié des députés libéraux fédéraux de la Nouvelle-Écosse, qui ont demandé à leur propre gouvernement une enquête publique plus approfondie. Toutes ces personnes déploraient le manque de transparence et de pouvoirs de ce «comité d’examen indépendant».

La dernière semaine a été marquée par une série de manifestations et une pression populaire croissante appelant les deux ordres de gouvernement à changer de cap. Une centaine de personnes s’étaient rassemblées lundi à Bridgewater pour une marche vers le bureau du ministre néo-écossais de la Justice, Mark Furey, tandis qu’une centaine d’autres manifestaient à Halifax à l’invitation des centres de femmes et des groupes féministes.

Contraindre des témoins

Les familles soutenaient qu’il était important que les témoins parlent sous serment pour obtenir des réponses sur la réaction de la Gendarmerie royale du Canada pendant ces deux journées de carnage — mais aussi sur ce que savait la police du comportement criminel du tueur.

Mardi matin, le ministre Furey a déclaré que son gouvernement appuierait une enquête publique complète si Ottawa acceptait d’y participer; quelques heures plus tard, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a annoncé la tenue de cette enquête publique.

Mercredi, une longue file de manifestants s’était rassemblée sous un soleil éclatant et une chaleur étouffante sur les quais de Halifax avant de se diriger vers le nord jusqu’à la législature, où ils ont fait le tour du bâtiment une fois avant de retourner au port.

Nick Beaton, dont la femme enceinte Kristen Beaton a été assassinée lors de la tuerie, expliquait mardi que la marche de mercredi vers l’Assemblée législative visait maintenant à remercier les Néo-Écossais qui se sont joints aux familles dans leur campagne pour une enquête publique.

«Je ne dis pas merci (aux politiciens), car on aurait dû avoir une enquête publique dès le début. Mais je suis heureux», déclarait mardi M. Beaton lors d’un entretien téléphonique. «C’est ce que nous demandions: la transparence et la vérité (…) Nous voulons tout savoir, pour pouvoir enfin commencer à faire notre deuil.»

L’enquête publique sera menée par ceux qui avaient déjà été nommés au «comité d’examen indépendant»: l’ex-juge en chef de la Nouvelle-Écosse J. Michael MacDonald, l’ex-ministre libérale de la Justice Anne McLellan et une ancienne cheffe de police de Fredericton, Leanne Fitch.

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