Le sondage maison d’Elon Musk suggère qu’il devrait quitter la direction de Twitter

Plus de la moitié des 17,5 millions d’utilisateurs qui ont répondu à un sondage Twitter créé par le milliardaire Elon Musk pour savoir s’il devait démissionner à la tête de l’entreprise avaient voté oui à la clôture du sondage lundi.

Il n’y a eu aucune annonce immédiate de Twitter ou d’Elon Musk quant à savoir si cela se produirait, bien que M. Musk ait déclaré qu’il respecterait les résultats. M. Musk a assisté à la finale de la Coupe du monde dimanche et pourrait être en plein vol sur le chemin du retour aux États-Unis lundi matin.

M. Musk a réalisé un certain nombre de sondages non scientifiques sur des problèmes importants auxquels le réseau social est confronté, notamment la réintégration des journalistes qu’il avait suspendus de Twitter, ce qui a été largement critiqué dans et hors des cercles médiatiques.

M. Musk s’est affronté avec certains utilisateurs sur plusieurs fronts et dimanche, il a demandé aux utilisateurs de Twitter de décider s’il devait rester en charge de la plateforme après avoir reconnu qu’il avait commis une erreur en lançant de nouvelles restrictions d’expression qui interdisaient les mentions de sites Web de médias sociaux rivaux sur Twitter.

Les résultats de l’enquête en ligne, qui a duré 12 heures, ont montré que 57,5 % de ceux qui ont voté voulaient qu’il parte, tandis que les 42,5 % restants voulaient qu’il reste.

Ce dernier sondage fait suite à un autre changement de politique important depuis que M. Musk a acquis Twitter en octobre. Twitter avait annoncé plus tôt dimanche que les utilisateurs ne pourront plus publier de liens menant à Facebook, Instagram, Mastodon et d’autres plateformes que la société a décrites comme «interdites».

Cette décision a généré un retour de bâton immédiat, y compris des critiques d’anciens défenseurs du nouveau propriétaire de Twitter, selon lesquels M. Musk avait promis de ne plus apporter de changements majeurs sans une enquête en ligne auprès des utilisateurs.

L’action visant à bloquer les concurrents était la dernière tentative de M. Musk de réprimer certains discours après avoir fermé un compte Twitter la semaine dernière qui suivait les vols de son jet privé.

Les plateformes interdites comprenaient des sites Web grand public tels que Facebook et Instagram, ainsi que ses concurrents Mastodon, Tribel, Nostr, Post et Truth Social de l’ancien président Donald Trump. Twitter n’a donné aucune explication sur la raison pour laquelle la liste noire incluait ces sept sites Web, mais pas d’autres comme Parler, TikTok ou LinkedIn.

L’éminent capital-risqueur Paul Graham, qui dans le passé a fait l’éloge de M. Musk, a déclaré dimanche à ses 1,5 million d’abonnés sur Twitter que c’était «la goutte d’eau qui fait déborder le vase» et les a invités à le retrouver sur Mastodon. Son compte Twitter a été rapidement suspendu, et peu de temps après restauré, alors que M. Musk promettait d’annuler la politique mise en place quelques heures plus tôt.

Changements polarisants

Les décisions politiques de M. Musk ont divisé les utilisateurs. Il a plaidé pour la liberté d’expression, mais a suspendu des journalistes et fermé un compte de longue date qui suivait les allées et venues de son avion, le qualifiant de risque pour la sécurité.

Cependant, il a changé les politiques, puis les a modifiées à nouveau, créant un sentiment de confusion sur la plateforme sur ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas.

M. Musk a définitivement banni le compte @ElonJet mercredi, puis a modifié les règles de Twitter pour interdire le partage de la position actuelle d’une autre personne sans son consentement. Il a ensuite pris pour cible les journalistes qui écrivaient au sujet du suivi des jets privés, des informations qui peuvent encore être trouvées sur d’autres sites de médias sociaux, alléguant qu’ils diffusaient «essentiellement des coordonnées d’assassinat».

Il a utilisé cette raison pour justifier les mesures prises par Twitter la semaine dernière pour suspendre les comptes de nombreux journalistes qui couvrent le réseau social et M. Musk, parmi lesquels des journalistes travaillant pour le «New York Times», le «Washington Post», CNN, Voice of America et d’autres publications. Beaucoup de ces comptes ont été restaurés à la suite d’un sondage en ligne réalisé par M. Musk.

Puis, au cours du week-end, Taylor Lorenz du «Washington Post» est devenue la dernière journaliste à être temporairement bannie. Elle a mentionné avoir été suspendue après avoir publié un message sur Twitter demandant une entrevue à M. Musk.

Sally Buzbee, rédactrice en chef du «Washington Post», a qualifié l’événement de «suspension arbitraire d’un autre journaliste du Post» qui a encore sapé la promesse de M. Musk de faire de Twitter une plateforme dédiée à la liberté d’expression.

«Encore une fois, la suspension s’est produite sans avertissement, processus ou explication — cette fois, car notre journaliste a simplement demandé des commentaires à M. Musk pour un reportage», a déclaré Mme Buzbee. Dimanche à midi, le compte de Mme Lorenz a été restauré, tout comme la publication qui, selon elle, avait déclenché sa suspension.

M. Musk a été interrogé devant le tribunal le 16 novembre sur la façon dont il partage son temps entre Tesla et ses autres sociétés, dont SpaceX et Twitter. M. Musk a dû témoigner devant la Cour de chancellerie du Delaware au sujet de la contestation par un actionnaire du plan de rémunération potentiellement de 55 milliards $ US de Musk en tant que chef de la direction de la société de voitures électriques.

M. Musk a indiqué qu’il n’avait jamais eu l’intention d’être chef de la direction de Tesla et qu’il ne voulait pas non plus être directeur général d’une autre entreprise, préférant se considérer plutôt comme un ingénieur. M. Musk a également précisé qu’il s’attendait à ce qu’une restructuration organisationnelle de Twitter soit achevée au cours de la semaine prochaine. Cela fait plus d’un mois qu’il a dit ça.

Lors de plaisanteries publiques avec les abonnés de Twitter dimanche, M. Musk a exprimé son pessimisme quant aux perspectives d’un nouveau chef de la direction, affirmant que cette personne «doit beaucoup aimer la douleur» pour diriger une entreprise qui «a été sur la voie rapide de la faillite».

«Personne ne veut le travail qui peut réellement maintenir Twitter en vie. Il n’y a pas de successeur», a écrit Musk dans un gazouillis.

– Avec des informations de Brian P. D. Hannon

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.