Ukraine: des crimes comparés au Rwanda

OTTAWA — «Personnellement, j’ai étudié le (génocide au) Rwanda, et je n’ai jamais vu une violence comme celle qui s’est exprimée en Ukraine», a dit une chercheuse concernant les crimes commis par les Russes.

La chercheure Marie Lamensch s’est exprimée ainsi vendredi en nuançant ensuite ses propos à un séminaire intituté «l’Ukraine en guerre», à l’Université d’Ottawa.

Une quarantaine de chercheurs et d’étudiants participent à ce forum qui dure trois jours, le premier grand événement du genre à regrouper en personne des universitaires depuis le début de l’agression russe en février.

Mme Lamensch, qui est coordonnatrice de projet à l’Université Concordia, a eu a étudier le génocide rwandais de 1994 – des massacres de populations, notamment à la machette, qui ont marqué l’opinion publique à l’époque.

Elle a été appelée à préciser sa pensée et s’est défendue de vouloir comparer les deux tragédies quant à savoir laquelle était la pire.

«Je ne voulais pas du tout comparer les deux», a-t-elle tenu à spécifier par la suite dans un message, en ajoutant que l’anglais était sa troisième langue.

«L’un n’est pas pire que l’autre», a-t-elle conclu.

Cependant, c’est «l’hyperviolence» de la guerre en Ukraine qui dépasserait ce qu’on a vu auparavant, a-t-elle évoqué.

Elle a parlé des «mutilations commises sur les corps même après les meurtres», selon ses mots.

Ce sont des «mutilations que je n’avais pas vues lors de mes recherches» précédentes, a-t-elle ajouté.

La violence commise sur les prisonniers est particulièrement «traumatisante», a-t-elle laissé entendre.

Rappelons que des exactions contre des civils ont été rapportées à de nombreuses reprises dans les zones occupées par l’armée russe.

Il est notamment question de viols, de destructions d’infrastructures civiles, de torture, d’enlèvements d’enfants et de meurtres.

Des enquêtes sont en cours notamment dans la région de Bucha.

Twitter pour documenter

Des chercheurs ont par ailleurs présenté des outils technologiques pour prévenir des crimes de guerre ou les documenter, en recourant aux réseaux sociaux.

Il s’agit d’un système d’alarme avancé sur la «résistance civile» et les «atteintes aux droits de la personne», qui permet notamment de détecter, avec même une géolocalisation, des crimes allégués, des besoins humanitaires, des populations déplacées, etc.

Il a même été possible de constater une hausse des activités de comptes Twitter qui rapportaient des exactions, lorsque l’armée russe se savait sous pression et reculait tandis que les Ukrainiens progressaient.

Selon le chercheur Graeme Robertson, ces renseignements colligés pourraient même servir à des enquêtes et des inculpations pour crimes de guerre.

Cette collecte de données «permet d’identifier des témoins, des gens qui étaient informés, de relever des chaînes d’éléments de preuve», a-t-il expliqué.

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