Un an plus tard, les gens craignent-ils d’autres ruptures de stock en épicerie?

MONTRÉAL — Les étagères vides au début de la pandémie et la pénurie de farine en avril dernier auraient pu ébranler la confiance des Canadiens envers la chaîne d’approvisionnement des supermarchés, or, ce n’est pas le cas. 

La panique des débuts a plutôt cédé la place à la confiance des consommateurs. Un sondage du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, publié jeudi, révèle que seulement 17,4 % des Canadiens craignent que les épiceries ne soient pas en mesure de garnir suffisamment les tablettes. 

Les marchés d’alimentation avaient été pris d’assaut lors de la première vague au printemps, occasionnant des pénuries temporaires de plusieurs aliments. 

Au Québec, la population s’étant mise à la confection de biscuits, de gâteaux, de pains et de tartelettes portugaises, la farine, la levure et le sucre ont tour à tour disparu des étagères. 

Les chercheurs de l’Université Dalhousie, à Halifax, ont réalisé un coup de sonde pour évaluer le sentiment des Canadiens à l’égard de l’industrie agroalimentaire, un an après que l’Organisation mondiale de la santé eut décrété l’état de pandémie. 

Résultat? Douze mois après la frénésie du pain maison et des étalages vidés de leurs boîtes de conserve, 82,6 % des Canadiens font confiance à la chaîne d’approvisionnement. 

Ce taux grimpe à 87 % pour le Québec. La province est devancée uniquement par le Manitoba, qui accorde sa confiance aux épiceries dans une proportion de 87,9 %. 

Les Britanno-Colombiens sont ceux qui ont le moins confiance dans le système d’approvisionnement, suivis des Albertains.  

Si dans l’ensemble les Canadiens font confiance aux épiceries pour les ravitailler, ils font toutefois moins confiance aux autres consommateurs. 

Plus de la moitié des répondants (61,6 %) pensent que les gens feront des réserves. 

«Cela montre que les gens ne font pas nécessairement confiance à la façon dont les autres se comporteront dans un moment de panique», déclare Sylvain Charlebois, le directeur principal du laboratoire. 

L’analyste explique que les gens ont peur que les autres personnes «achètent trop» comme ce fut le cas au printemps dernier. 

«Donc on fait confiance en l’industrie, mais on n’a pas trop confiance en notre prochain», dit-il dans un éclat de rire. 

Près de quatre Canadiens sur cinq (79,6 %) font également confiance aux travailleurs de l’industrie alimentaire. 

Par ailleurs, le sondage indique que les Canadiens ne sont pas inquiets pour leur sécurité. Le lavage frénétique des fruits et légumes au retour des courses, qui avait cours au tout début, a aussi laissé place à une plus grande confiance dans la salubrité des aliments. 

Les résultats suggèrent que 74,9 % des Canadiens « estiment généralement que les produits alimentaires au Canada sont sécuritaires». 

M. Charlebois laisse présager des impacts de la crise sanitaire sur le comportement des Canadiens à l’égard de leurs choix alimentaires. Il prédit un plus grand intérêt pour la nutrition et la santé personnelle pour les mois à venir. 

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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