Un appui de l’industrie pétrolière à la tarification du carbone aux États-Unis

WASHINGTON — Le principal groupe de lobbying de l’industrie pétrolière et gazière aux États-Unis a approuvé jeudi une tarification fédérale sur les émissions de dioxyde de carbone qui contribuent au réchauffement climatique. Il s’agit d’un renversement de la politique industrielle de longue date qui intervient alors que l’administration du président Joe Biden s’est engagée à prendre des mesures imposantes pour lutter contre le changement climatique.

L’American Petroleum Institute (API), qui compte parmi ses membres ExxonMobil, Chevron et d’autres géants du pétrole, a annoncé le changement de cap jeudi avant un forum virtuel organisé par le département de l’Intérieur. Le département lance un examen de plusieurs mois des ventes de pétrole et de gaz du gouvernement.

L’API a également appelé à un déploiement commercial accéléré de la technologie recherchée depuis longtemps pour capturer et stocker les émissions de carbone, à l’avancement de la technologie de l’hydrogène et à la réglementation fédérale des émissions de méthane provenant des puits de pétrole et de gaz nouveaux et existants. L’industrie s’est également engagée à réduire le torchage sur les sites de forage qui a libéré de grandes quantités d’émissions nocives de méthane dans l’air après avoir fermement résisté aux réglementations sur le méthane proposées par l’administration Obama.

«Relever le défi du changement climatique et construire un avenir à faible émission de carbone nécessitera une combinaison de politiques gouvernementales, d’initiatives de l’industrie et d’innovation continue», a déclaré le président et chef de la direction de l’API, Mike Sommers, dans un communiqué.

La volte-face intervient alors que le président Joe Biden a fait de la lutte contre le changement climatique une priorité absolue, agissant dans les premiers jours de son mandat pour suspendre les ventes de baux pétroliers et gaziers des terres et eaux fédérales et annuler le projet d’oléoduc Keystone XL en provenance du Canada.

M. Biden a déclaré au cours de la campagne qu’il soutenait «un mécanisme d’application» qui cible la pollution par le carbone, et la Maison-Blanche a laissé libre cours à l’utilisation d’une taxe sur le carbone pour aider à réduire les émissions américaines de gaz à effet de serre. La secrétaire au Trésor, Janet Yellen, s’est prononcée en faveur de cette idée, déclarant au Comité sénatorial des finances: «Nous ne pouvons pas résoudre la crise climatique sans une tarification efficace du carbone.»

Alors que les critiques de l’industrie ont exprimé des doutes quant à la sincérité de cette décision, M. Sommers a souligné que les compagnies pétrolières veulent des «solutions basées sur le marché» telles qu’une taxe sur le carbone ou une politique de plafonnement et d’échange, plutôt qu’une «réglementation gouvernementale sévère». L’industrie pétrolière a joué un rôle clé dans la défaite du projet de loi de plafonnement et d’échange au Sénat il y a dix ans, et son approbation d’une tarification du carbone et d’autres mesures fédérales marque un revirement après des années d’opposition à la législation fédérale visant à lutter contre le changement climatique.

La secrétaire de l’Intérieur Deb Haaland a lancé jeudi un vaste examen du programme pétrolier et gazier du gouvernement qui pourrait conduire à une interdiction à long terme des baux ou à d’autres mesures visant à décourager le forage et à réduire les émissions.

Par Matthew Daly et Matthew Brown – The Associated Press

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