Un archevêque ordonne aux églises de rendre de l’argent au gouvernement

MONCTON, N.-B. — Un archevêque du Nouveau-Brunswick a ordonné à plusieurs paroisses catholiques romaines de rembourser les fonds fédéraux qu’elles ont demandés sans lire les petits caractères sur les droits à l’avortement.

L’archevêque de Moncton, Valery Vienneau, dit que l’église ne peut pas compromettre ses valeurs simplement pour plaire au gouvernement.

Le gouvernement libéral a exigé cette année que les organisations qui demandent des fonds dans le cadre du programme Emplois d’été pour les étudiants cochent une case affirmant qu’elles appuient les droits constitutionnels et le libre choix en matière de reproduction, incluant l’accès à l’avortement.

Le gouvernement assure qu’il ne cible pas les croyances ou les valeurs, mais les églises et autres organisations confessionnelles se disent forcées de choisir entre rester fidèles à leurs valeurs et demander des subventions pour les aider à gérer des programmes – allant des camps d’été aux soupes populaires – qui n’ont rien voir avec l’avortement.

Selon l’archevêque Vienneau, l’Église ne peut compromettre ses «valeurs humaines, catholiques et chrétiennes juste pour plaire au gouvernement».

M. Vienneau a indiqué qu’il avait envoyé une note à toutes les paroisses plus tôt cette année, leur disant de ne pas demander de financement pour emplois d’été, mais que certaines d’entre elles avaient déjà envoyé leur demande.

Certaines de ces églises ont donc reçu du financement fédéral pour des emplois d’été pour les étudiants, mais les paroisses n’avaient pas lu les petits caractères, note l’archevêque, qui leur a dit de refuser l’argent.

Le diocèse embauche habituellement 25 à 30 étudiants chaque été pour une variété de projets tels que le travail de bureau et l’entretien des cimetières.

«Bien sûr, nous souffrons beaucoup de perdre tous ces emplois d’été étudiants. Certaines paroisses essaieront d’amasser des fonds pour certains projets, mais quelques-unes ne seront probablement pas en mesure de le faire», a-t-il dit.

Le gouvernement fédéral conteste la position de l’église.

Dans un courriel transmis à La Presse canadienne, Emily Harris, conseillère en communication de la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail Patty Hajdu, a déclaré que les organisations ne sont pas obligées d’appuyer les droits, mais qu’elles doivent les respecter et ne pas tenter de les enfreindre.

Elle ajoute que les églises disent qu’elles «perdent» des emplois pour les étudiants, mais qu’en fait, elles refusent activement les fonds.

«Nous sommes fiers que plus de 3000 emplois d’été rémunérés aient été approuvés au Nouveau-Brunswick cet été grâce à la décision du gouvernement de doubler le nombre d’emplois du programme Emplois d’été Canada. Tous les employeurs approuvés ont présenté une demande complète et sont admissibles», a-t-elle écrit.

«Il est décevant d’apprendre que certaines organisations subissent des pressions de la part de leurs dirigeants pour abandonner le programme, car nous savons que bon nombre d’entre elles ont offert d’excellentes expériences de travail aux étudiants au cours des dernières années.

Sur les 42 708 demandes présentées au programme, 1559 ont été jugées inadmissibles en raison de la nouvelle exigence, a indiqué une réponse du gouvernement à une question inscrite au Feuilleton par le député conservateur Bob Zimmer.

M. Vienneau a déclaré qu’il n’avait aucun contact avec les représentants du gouvernement, mais il espère que la demande sera modifiée pour l’année prochaine.