Un autre chèque s’il est réélu: Legault accusé de vouloir «acheter» l’élection

QUÉBEC — Le premier ministre et chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault tente «d’acheter» la prochaine élection, ont dénoncé en choeur les partis d’opposition.

M. Legault a promis mardi d’envoyer aux Québécois un autre chèque pour contrer la hausse du coût de la vie, mais seulement si la CAQ est réélue le 3 octobre prochain.

En point de presse mercredi, le député péquiste Pascal Bérubé a déclaré qu’il n’avait jamais vu une chose pareille en 25 ans d’engagement politique.

«Votez CAQ, recevez plus tard. C’est épouvantable. (…) Est-ce qu’on veut acheter les Québécois?» a-t-il demandé.

«On ne peut pas dire aux Québécois qui souffrent: « On sait que vous souffrez, mais il va falloir nous élire pour avoir accès à de l’argent ». Ce n’est pas correct.»

En promettant un autre chèque après l’élection, la CAQ s’achète «tout à fait» des votes, a renchéri le député libéral Marc Tanguay.

Selon lui, François Legault est le «digne successeur» de Maurice Duplessis. Il a rappelé que vers la fin des années 1940, l’Union nationale avait utilisé le slogan «Duplessis donne à sa province». 

«Le 22 mars dernier, 500 $ donné par François Legault. Duplessis donne à sa province. En vertu de la prochaine élection, il promet peut-être un autre 500 $. Duplessis donne à sa province.

«Au-delà du 500 $, qu’il nous parle donc de sa stratégie, qui est inexistante, pour la pénurie de logements, de places en services de garde, l’accès à un médecin de famille», a lancé M. Tanguay.

M. Legault gère la crise du coût de la vie comme on gère les nids-de-poule au Québec, a asséné de son côté le chef parlementaire de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois.

«Il « patche » les nids-de-poule, il envoie un chèque, et six mois plus tard, il se surprend que ça n’a pas fonctionné, il « repatche » le nid-de-poule avec un autre chèque. 

«Si la crise d’inflation dure deux ou trois ans, qu’est-ce que va faire François Legault? Envoyer des chèques à chaque trois mois? Ça ne tient juste pas la route, c’est un manque de vision total», a-t-il déploré.

Son parti dit proposer des solutions «structurantes», notamment l’augmentation du salaire minimum, et le contrôle des prix des loyers et des maisons.

Stratégie responsable, dit LeBel

Au contraire, la stratégie déployée par le gouvernement est «responsable», a rétorqué en mêlée de presse la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.

«C’est prendre acte d’une situation qui est réelle et offrir des (solutions)», a-t-elle soutenu. 

«On a donné 500 $ qui avaient été calculés sur une base pour être capable de rencontrer le panier de services pendant un certain temps. Force est de constater que si la tendance se maintient, il va falloir agir à nouveau.»

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