Un autre titre révoqué pour une ex-juge dont l’héritage autochtone est remis en doute

VANCOUVER — L’ancienne juge canadienne Mary Ellen Turpel-Lafond perd une autre reconnaissance en raison des doutes planant sur son héritage autochtone. Cette fois-ci, il s’agit de l’Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique qui a décidé de révoquer un prix qui lui avait été remis il y a moins de deux ans. 

L’organisation a publié jeudi un communiqué mentionnant que son conseil d’administration avait cru les représentations de Mme Turpel-Lafond au sujet de ses origines lors de l’attribution du prix.

Mais des informations ont été révélées démontrant que, selon son conseil d’administration, Mme Turpel-Lafond avait falsifié ses revendications d’ascendance autochtone. Certaines réalisations professionnelles et académiques avaient également été réfutées ou remises en question.

En réponse à cette décision, Mme Turpel-Lafond s’est dite satisfaite de son «travail passé, de son identité et de sa propre valeur». Elle affirme qu’il est «libérateur» d’être dégagée de plusieurs marques de reconnaissance depuis que des doutes sur son identité autochtone ont été soulevés l’an dernier. 

Elle indique aussi n’avoir «aucun attachement émotionnel aux titres», mais elle est surprise que l’association ait annulé le prix Reg Robson 2020 sans «un minimum d’équité», comme lui permettre d’être entendue.

L’ancienne professeure de droit et représentante de la Colombie-Britannique pour l’enfance et la jeunesse, dont la revendication d’une ascendance crie a été remise en question par un reportage du réseau CBC en octobre dernier, affirme que «les procès par les médias sont monnaie courante».

«C’est précisément ainsi que se produisent les condamnations injustifiées et l’injustice», avance-t-elle dans un courriel dans lequel elle a utilisé un nom autochtone, aki-kwe, dans sa signature électronique, ainsi que son nom anglais.

L’association indique devoir suivre l’exemple des universitaires, des dirigeants et des organisations autochtones, y compris le Collectif des femmes autochtones, qui exige que tous les diplômes et récompenses honorifiques qui lui ont été décernés soient révoqués.

L’Université McGill, l’Université Carleton et l’Université de Regina ont chacune annulé des diplômes honorifiques décernés à Mme Turpel-Lafond le mois dernier. Elle a également rendu des diplômes accordés par deux établissements d’enseignement postsecondaire de la province après que ceux-ci ont lancé un processus de révision concernant des questions et des préoccupations au sujet de ses revendications.

D’autres universités ont confirmé qu’ils se penchaient sur les diplômes honorifiques qui ont été décernés à l’ex-juge.

Mme Turpel-Lafond a également été nommée membre de l’Ordre du Canada en 2021. Jusqu’à l’année dernière, elle a été directrice académique du Centre d’histoire et de dialogue des pensionnats pour Autochtones de l’Université de la Colombie-Britannique. 

Mme Turpel-Lafond avait précédemment déclaré à la CBC que pendant son enfance, elle n’avait pas remis en question la filiation biologique de son père, qui, selon elle, était Cri.

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