Deux Canadiens étaient à bord de l’avion d’EgyptAir qui s’est écrasé

LE CAIRE, Égypte – Deux Canadiens étaient à bord de l’appareil du transporteur aérien EgyptAir qui est disparu tôt jeudi matin, a confirmé en après-midi le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.

M. Dion a précisé que le gouvernement fournissait une aide consulaire aux familles de ces voyageurs et que des représentants canadiens travaillaient en étroite collaboration avec les autorités afin de confirmer s’il y avait ou non d’autres citoyens canadiens à bord.

Tania Assaly, porte-parole d’Affaires mondiales Canada, n’a pas pu divulguer l’identité, ni la province d’origine des Canadiens «par respect pour les familles et afin de protéger la vie privée des personnes concernées», a-t-elle écrit dans un courriel.

L’appareil d’EgyptAir a effectué des virages soudains et a perdu plusieurs milliers de mètres en altitude avant de se volatiliser, selon le ministère grec de la Défense.

Le ministre Panos Kammenos a dit que l’avion avait effectué un premier virage à 90 degrés vers la gauche, puis un de 360 degrés vers la droite, avant de plonger de son altitude de 11 600 mètres à 4600 mètres. Il est disparu des radars à environ 3000 mètres d’altitude. Il n’y avait pas de signalements de temps orageux.

Les autorités égyptiennes et grecques ont parcouru à bord de bateaux et d’avions le secteur où aurait eu lieu l’écrasement à la recherche de traces de l’appareil ou de victimes, alors que de l’aide est attendue des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France.

À la tombée de la nuit, les équipes n’avaient pas encore repéré des débris, réfutant à un certain moment le signalement de vestes de sauvetage et d’autres éléments flottants.

L’avion, qui effectuait une liaison entre Paris et Le Caire, est tombé dans la mer Méditerranée au large de l’île de Crête. Il transportait 66 personnes, dont 56 passagers.

Certains médias rapportaient plus tôt que des débris de l’avion avaient été retrouvés, mais un porte-parole grec a indiqué qu’ils n’appartenaient pas à l’appareil d’Egyptair.

Le président français François Hollande a confirmé que l’appareil s’était écrasé, tout en déclarant qu’aucune hypothèse n’était écartée pour l’instant — y compris qu’il puisse s’agir d’un accident ou d’un acte terroriste.

Le bureau du procureur de Paris a ouvert une enquête, en collaboration avec la gendarmerie. Un communiqué du bureau répète qu’aucune hypothèse n’est pour l’instant exclue ou privilégiée.

Le ministre égyptien de l’Aviation civile a ensuite déclaré que le terrorisme est une hypothèse plus probable qu’une défaillance technique.

«Si on analyse soigneusement la situation, la possibilité (…) d’une attaque terroriste est plus élevée que la possibilité d’un problème technique», a dit Sherif Fathi.

Il a ensuite ajouté que la vérité ne sera connue qu’une fois l’enquête terminée. Les enquêteurs égyptiens vérifient notamment les antécédents des passagers, à la recherche de passés terroristes.

Le premier ministre égyptien Sherif Ismail avait précédemment déclaré qu’il était trop tôt pour imputer la catastrophe à un problème technique ou à un acte terroriste, mais il a affirmé que pour le moment, aucune hypothèse n’était exclue.

Il n’y avait pas dans l’immédiat de revendication d’un possible geste délibéré pour abattre l’avion. S’il devait s’agir d’un acte de terrorisme, ce serait la deuxième attaque meurtrière en sept mois touchant le secteur de l’aviation égyptien.

En octobre dernier, un avion de ligne russe ayant décollé d’un secteur touristique de la mer Rouge, en Égypte, s’est écrasé dans le Sinaï, entraînant la mort des 224 personnes à bord. Une branche locale du groupe armé État islamique avait revendiqué la responsabilité de l’attaque.

Les derniers contrôleurs aériens grecs à avoir parlé au pilote d’EgyptAir l’ont trouvé de bonne humeur. Ils ont perdu contact avec l’appareil quand celui-ci est entré dans l’espace aérien égyptien.

Les contrôleurs aériens grecs ont tenté de rejoindre le pilote pour la dernière fois à 3 h 27, heure locale, pour transférer la responsabilité du vol au Caire, sans succès.

Ils ont alors tenté de le joindre sur une fréquence d’urgence, toujours sans succès. L’appareil est disparu des écrans radar à très exactement 3 h 29 et 40 secondes. L’armée grecque n’a pas elle non plus réussi à le repérer sur ses radars. Les opérations de secours ont été entamées à 3 h 45.

Au moment de sa disparition, l’Airbus 320 venait de parcourir environ 16 kilomètres après être entré dans l’espace aérien égyptien et il se trouvait à quelque 280 kilomètres de la ville portuaire égyptienne d’Alexandrie.

Il semble que le pilote du vol 804 comptait plus de 6000 heures de vol d’expérience.

EgyptAir a affirmé qu’en plus des Canadiens, l’avion transportait 30 Égyptiens, 15 Français, deux Irakiens et un citoyen de chacun des pays suivants: le Royaume-Uni, le Koweït, le Tchad, le Soudan, le Portugal, l’Algérie et la Belgique.

Le ministre des Affaires étrangères de la France, Jean-Marc Ayrault, a offert aux autorités égyptiennes l’envoi d’avions militaires et de navires français pour aider aux recherches en Méditerranée. L’armée française a détourné un avion de surveillance Falcon qui survolait la Méditerranée à la recherche de migrants pour participer aux opérations de secours. Un avion égyptien a repéré deux objets orange qui pourraient provenir de l’appareil disparu.

Le 31 octobre 1999, le vol 990 d’EgyptAir s’était écrasé dans l’océan Atlantique au large de l’île de Nantucket, aux États-Unis, faisant 217 morts. Parmi les victimes figuraient Claude Masson, l’éditeur adjoint du journal «La Presse», de Montréal, et sa femme, Jeannine Bourdages.

Les autorités américaines et égyptiennes avaient toutes deux enquêté sur cette tragédie et leurs conclusions ont été fort différentes.