Un cadre pour décriminaliser des drogues et redistribuer des ressources de la police

OTTAWA — Vingt et une organisations à travers le pays ont publié le premier cadre stratégique écrit par la société civile pour la décriminalisation des drogues et la redistribution des ressources de la police aux services des communautés les plus touchées par les préjudices causés par les services policiers.

La collaboration comprend des groupes de personnes qui consomment de la drogue, des familles touchées par la consommation de drogue, des organisations de politique antidrogue et de défense des droits de la personne, des fournisseurs de services de première ligne et des chercheurs.

Leur cadre prévoit que des fonds qui seraient versés à la police soient plutôt investis dans des organisations communautaires, des services qui font la promotion de la réduction des méfaits et traitent des problèmes de santé mentale, des programmes d’approvisionnement sécuritaire de drogue et d’autres formes de programmes de santé.

Donald MacPherson, directeur exécutif de la Coalition canadienne des politiques sur les drogues, l’un des contributeurs au cadre stratégique, a déclaré que le changement de politique proposé par le cadre aiderait à changer une application « historiquement cruelle » du droit pénal qui a nui aux Canadiens.

Cet appel national intervient quelques jours après que le gouvernement fédéral ait déposé le projet de loi C-5, qui abrogerait les peines minimales obligatoires pour les infractions liées aux drogues et certains crimes liés aux armes à feu, et obligerait la police et les procureurs à envisager des mesures alternatives pour les cas de simple possession de drogue.

Les organisations affirment dans un communiqué que le projet de loi du gouvernement «est un pas dans la bonne direction, mais ne va pas assez loin».