Un cas de COVID-19 au Bloc québécois; Blanchet et plusieurs députés s’isolent

OTTAWA — Le chef du Bloc québécois et la presque totalité de ses députés se sont placés en isolement préventif parce qu’un employé du bureau d’Yves-François Blanchet a reçu un test positif de COVID-19, lundi.

Une quarantaine de personnes, députés et personnel politique, ont été en contact avec cet employé lors d’une réunion du caucus bloquiste, mardi dernier, à Saint-Hyacinthe.

Cet incident n’a pas ébranlé les ministres du gouvernement Trudeau qui sont réunis pour deux jours à Ottawa, cette semaine, en prévision de l’ouverture d’une nouvelle session parlementaire le 23 septembre.

Mis au courant de l’infortune de leurs adversaires politiques lundi soir, plusieurs ministres libéraux ont maintenu qu’il était sage et nécessaire de se voir en personne.

C’est par communiqué que le Bloc québécois a annoncé sa situation, lundi après-midi.

«Nous passerons tous un test de dépistage afin de nous assurer de la bonne santé de notre équipe et respecterons strictement les directives de la santé publique. Il n’y a aucun risque à prendre. Soyez assurés que nous prenons très au sérieux cette situation», a écrit la porte-parole du Bloc Québécois, Carolane Landry.

Les bloquistes étaient réunis la semaine dernière pour préparer leur version d’un plan de relance économique post-pandémie.

Quelques députés avaient participé à l’exercice par visioconférence. Tous les autres ont décidé de s’isoler pour éviter tout risque de propager le virus.

Jointe au téléphone, Mme Landry a indiqué que tous obéiraient aux directives de la santé publique et attendront le feu vert avant de reprendre des activités normales. Elle n’a pas voulu préciser s’ils resteront tous isolés 14 jours, le temps d’incubation du virus, ou si ceux qui recevront un test négatif pourront mettre fin à leur isolement volontaire.

Pas d’inquiétude chez les ministres

«Il faut quand même que le gouvernement continue de fonctionner», a offert le ministre des Transports Marc Garneau comme justification à la réunion en personne du conseil des ministres.

Comme tous ses collègues interrogés à la sortie de la première des deux journées de retraite du cabinet, M. Garneau a assuré que toutes les précautions nécessaires sont prises.

Son collègue ministre du Patrimoine est convaincu qu’un incident semblable à celui chez les bloquistes n’empêcherait pas le retour des parlementaires aux Communes, à temps pour le discours du Trône. «On peut se faire tester (…) Ça ne devrait pas nous empêcher (…) d’être au Parlement la semaine prochaine, s’il devait y avoir un problème», de l’avis de Steven Guilbeault.

La ministre Mélanie Joly, elle, se réfère à une autorité supérieure. «On a eu l’approbation de la Dre Tam», a souligné la ministre, avant d’ajouter que l’administratrice en chef de la santé publique «a participé de façon virtuelle» à la rencontre avec les ministres de Justin Trudeau.

La ministre fédérale de la Santé a tenu le même discours que ses collègues. «Il est vraiment important d’avoir la chance de nous réunir en personne», a dit Patty Hajdu. «C’est le genre de défis et d’équilibre auxquels les employeurs sont confrontés à travers le pays», a-t-elle ajouté.

Retour en personne à la Chambre?

Les élus et sénateurs reprennent les travaux la semaine prochaine à Ottawa. Un discours du Trône est prévu le 23 septembre. Les leaders parlementaires sont en négociation pour décider de la manière dont les 338 élus pourront reprendre le travail.

Le leader du gouvernement en Chambre, Pablo Rodriguez, a proposé un Parlement hybride où seulement quelques élus seraient en Chambre, la majorité se joignant à l’exercice par visioconférence. Afin de permettre des travaux parlementaires normaux, il faudrait tenir des votes à distance.

«Nous avons formulé des suggestions aux autres partis et je crois que les néo-démocrates et le Bloc sont ouverts à cela. (…) On ne peut pas être les 338 dans la même salle. Donc, il faut trouver une façon de voter», a insisté M. Rodriguez, plus tôt dans la journée de lundi.

Les conservateurs ont, par le passé, résisté à l’idée d’un vote à distance. Depuis que les négociations sur le retour en Chambre ont commencé la semaine dernière, le leader parlementaire conservateur Gérard Deltell refuse de faire tout commentaire.

Comme c’est la Chambre des communes elle-même qui décide de la façon dont elle fonctionne, s’il n’y a pas consensus hors de ses murs, il faudra une motion et un vote de tous les élus. Dans cette perspective, au premier jour de la nouvelle session parlementaire, le 23 septembre, les 338 députés pourraient se présenter en personne.

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