Un chef autochtone réclame une enquête publique sur la mort de Tina Fontaine

WINNIPEG — Le gouvernement du Manitoba s’est vu à nouveau sommé, jeudi, d’ouvrir une enquête publique sur la mort d’une jeune fille autochtone dont le corps a été retrouvé dans la rivière Rouge, en 2014.

Le chef de la Première Nation Sagkeeng, au sein de laquelle Tina Fontaine avait grandi, martèle que seule une enquête publique pourra se pencher sur les facteurs ayant contribué à ce dénouement tragique.

L’été de sa mort, Tina Fontaine s’était rendue à Winnipeg pour reprendre contact avec sa mère biologique. L’adolescente de 15 ans est rapidement tombée dans les filets de l’exploitation sexuelle, puis s’est enfuie à répétition des refuges et des hôtels où la plaçaient les travailleurs sociaux.

La jeune fille a été aperçue pour la dernière fois le 8 août 2014, en train de quitter un hôtel. Elle avait dit à un sous-traitant employé par le service de protection de l’enfance de la province qu’elle allait rejoindre des amis dans un centre commercial.

Son corps avait été retrouvé une semaine plus tard, enveloppé d’une housse de couette dans laquelle des roches avaient été insérées pour l’alourdir.

L’homme accusé de l’avoir tuée, Raymond Cormier, a été trouvé non coupable du meurtre en février.

L’opposition néo-démocrate et plusieurs leaders autochtones réclament la tenue une enquête publique pour examiner les actions des services sociaux et de la police, entre autres.

Durant la période de questions, jeudi, l’élue néo-démocrate Nahanni Fontaine a demandé à trois reprises à la ministre de la Justice, Heather Stefanson, de s’engager à ouvrir une telle enquête.

La ministre a déclaré qu’elle attendra plutôt le rapport du protecteur de l’enfance de la province, qui révise déjà comment les services sociaux ont géré cette affaire.

«Nous devons permettre à ce processus d’avoir lieu», a-t-elle plaidé.

Le chef néo-démocrate, Wab Kinew, a fait valoir plus tôt cette semaine qu’une enquête publique serait plus approfondie que l’examen du protecteur de l’enfance puisqu’elle impliquerait des témoignages sous serment dans le cadre d’audiences publiques.

La dernière enquête publique relative à la protection de la jeunesse au Manitoba remonte à 2013. Celle-ci avait mis en lumière les erreurs répétées des travailleurs sociaux ayant conduit au meurtre de la petite Phoenix Sinclair, huit ans plus tôt. La fillette de cinq ans avait été battue à mort par sa mère et le petit ami de cette dernière, après que les travailleurs sociaux eurent conclu que l’enfant était et sécurité et fermé son dossier.