Un comité de la Chambre blâme l’Association canadienne pour les armes à feu

OTTAWA — L’Association canadienne pour les armes à feu (ACAF) a reçu un blâme d’un comité de la Chambre des communes pour des commentaires incendiaires sur la récente loi sur le contrôle des armes à feu du gouvernement Trudeau.

Lundi, le Comité permanent de la sécurité nationale et de la sécurité publique a adopté à l’unanimité une motion condamnant la réaction de l’association au projet de loi sur les armes à feu, avec l’appui des députés libéraux, bloquistes et néo-démocrates.

Les quatre membres conservateurs du comité se sont abstenus.

La députée libérale Pam Damoff a proposé la motion, citant la vidéo d’une baladodiffusion sur le projet de loi, la semaine dernière, dans laquelle le président du groupe, Sheldon Clare, s’est souvenu d’une conversation avec quelqu’un qui avait suggéré aux Canadiens de «construire des guillotines» en réponse à une telle «tyrannie» gouvernementale.

Mme Damoff a déclaré que l’émeute du mois dernier au Capitole des États-Unis avait montré ce qui se passe lorsque «des mots incendiaires provoquent l’insurrection et la violence».

«Les mots comptent», a-t-elle soutenu devant le comité, ajoutant «qu’il est temps d’arrêter d’accepter ce genre de rhétorique et de vagues menaces».

Mais M. Clare n’avait pas de remords.

«Je ne m’excuse pas pour les commentaires faits lors de notre baladodiffusion NFA Talk – que vous les aimiez ou non – nous avons le droit à la liberté d’expression, du moins pour le moment. Rien n’a incité à la violence contre qui que ce soit», a-t-il indiqué dans un courriel.

M. Clare a plaidé que les mesures libérales de contrôle des armes à feu méritaient d’être contestées.

«L’ACAF maintient que notre solide héritage et culture canadienne des armes à feu sont importants, et nous continuerons de le défendre avec vigueur», a-t-il ajouté.

Mme Damoff a dit au comité que le Canada n’était pas à l’abri du genre de violence qui a éclaté à Washington.

Elle a pris l’exemple du réserviste de l’armée lourdement armé Corey Hurren, qui a enfoncé la porte de Rideau Hall en juillet dernier dans le but de confronter le premier ministre Justin Trudeau au sujet, entre autres, de l’interdiction des armes à feu de style armes d’assaut.

La députée conservatrice Shannon Stubbs a assuré que son parti prenait les menaces contre les politiciens «extrêmement au sérieux», citant des exemples de menaces qu’elle et son personnel ont reçues dans le passé.

Mais selon elle, si les commentaires du président de la l’Association canadienne pour les armes à feu constituent une menace, ils devraient faire l’objet d’une enquête par les autorités compétentes et être discutés uniquement à huis clos par les membres du comité. Elle a également suggéré que les commentaires de M. Clare avaient peut-être été sortis de leur contexte.

Le président du comité libéral, John McKay, a dit à Mme Stubbs que les autorités avaient été informées des commentaires de M. Clare.

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