Un comité multipartite presse Ottawa de hausser l’aide au développement international

OTTAWA — Une initiative transpartisane aux Communes pour demander au gouvernement libéral d’augmenter l’aide internationale face à la pandémie s’est rapidement transformée en chicane politique, jeudi.

Les membres du Comité des affaires étrangères des Communes insistent tout de même sur leur consensus: sans efforts accrus et sans un rôle de premier plan du Canada, les effets de la pandémie sur les pays en développement seront profonds et durables.

«Si le Canada ne parvient pas à travailler avec les (autres) pays donateurs, pour le bien mondial, des millions de personnes de plus mourront inutilement, a prévenu la députée néo-démocrate Heather McPherson. Les variants dangereux vont augmenter, menaçant les Canadiens et notre reprise économique mondiale. Et cela prendra des années, voire des décennies à corriger.»

Le comité parlementaire a formulé 10 recommandations visant à renforcer le rôle du Canada, y compris une augmentation de l’aide au développement international, à la fois en financement direct pour la lutte à la pandémie, mais aussi dans le budget général.

L’état de ce budget de dépenses a été l’un des éléments déclencheurs de l’effritement du front commun des députés, jeudi, qui se sont rapidement jeté la pierre lors d’une conférence de presse pour discuter du rapport. Les députés libéraux et conservateurs, surtout, se sont accusés mutuellement d’avoir réduit les dépenses d’aide au développement international.

Des progrès annihilés par le virus

Le porte-parole conservateur en matière d’affaires étrangères, Michael Chong, a quand même rappelé que selon les groupes humanitaires, tous les progrès accomplis pour lutter contre la pauvreté dans le monde risquent d’être annihilés par la pandémie. «Dans ce contexte, l’incapacité du gouvernement à fournir une aide étrangère à des niveaux qui étaient en place auparavant a de réelles conséquences», a-t-il soutenu.

Cette aide au développement, ont convenu les députés, doit s’accompagner d’efforts accrus pour améliorer la disponibilité et l’accessibilité des vaccins dans le monde. Le Canada a déjà contribué environ 940 millions $ dans un organisme international pour fournir des vaccins dans les pays à faible revenu. Mais le gouvernement canadien a aussi été critiqué pour avoir pigé dans les vaccins de l’un de ces programmes, connu sous le nom de «COVAX».

Les libéraux ont défendu cette décision au motif que le programme était conçu pour encourager les pays à verser des fonds afin qu’ils puissent non seulement aider les pays à faible revenu, mais aussi accéder aux vaccins pour leurs propres citoyens. 

«Sans le soutien du Canada, sans les contributions du Canada, nous ne verrions pas plus de deux milliards de vaccins distribués aux pays à faible revenu, a soutenu jeudi la députée libérale Ruby Sahota. Nous assistons déjà à la mise en place de ces vaccins et ceux qui en ont besoin commencent à les recevoir. Je pense donc que les Canadiens devraient être fiers de nos contributions.»

Le rapport du comité parlementaire demande au Canada de faire don de vaccins excédentaires aux pays en développement et de faire rapport au Parlement sur ces efforts. Le gouvernement libéral a déjà indiqué que les doses excédentaires seraient partagées, mais seulement lorsqu’on aura vacciné tous les Canadiens qui le souhaitent. 

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