Toronto devrait favoriser la «police de proximité», selon un groupe de travail

TORONTO – Un groupe de travail mis sur pied pour moderniser le Service de police de Toronto recommande de renoncer à la tendance «paramilitaire» constatée dans certaines villes américaines, et d’opter plutôt pour une «police de proximité», plus empathique et coopérative.

Dans son rapport déposé jeudi, le groupe de travail propose un véritable changement de culture au sein du plus important corps policier municipal du Canada, afin de regagner la confiance d’une partie de la population envers ses 8000 policiers. On espère notamment que les policiers de Toronto fassent preuve de plus d’«intelligence émotionnelle» et d’aptitudes à désamorcer les crises ou à résoudre les problèmes.

On ne veut pas de policiers «plus mous», mais «plus intelligents», a résumé le directeur du Service de police de Toronto, Mark Saunders.

Le groupe de travail, mis sur pied en février 2016, recommande notamment que les recrues amorcent leur carrière à pied, sur le terrain, pendant un an, avant de travailler au moins trois ans dans un poste de quartier. Les policiers devraient aussi démontrer dorénavant des aptitudes d’empathie et une facilité à établir de bonnes relations avec les citoyens, particulièrement les groupes marginalisés et les populations vulnérables.

Les auteurs du rapport notent que grâce à la technologie moderne, les véhicules de patrouille sont devenus de véritables bureaux ambulants. Or, le véhicule crée aussi une distance entre le policier et le citoyen. Pour faire sortir le policier de son véhicule, le groupe de travail recommande l’usage généralisé d’«appareils mobiles intelligents».

Le rapport recommande aussi un gel de l’embauche et des promotions jusqu’en 2019, et une réduction de 30 pour cent du recours aux policiers en congé. Par ailleurs, les policiers ne se déplaceraient que pour les cas vraiment urgents ou lorsque leur présence rapide serait jugée essentielle pour protéger la population.

Le groupe de travail, qui a formulé 32 recommandations, était coprésidé par le chef Saunders et par le président de la Commission des services policiers de Toronto, Andy Pringle. Même si le groupe n’avait pas le mandat de trouver des économies, la Ville espère réduire de plus de 100 millions $ le budget de la police, qui dépasse actuellement 1 milliard $.

Le chef Saunders espère maintenant convaincre les syndicats de collaborer à la réforme proposée.