Un conseil scolaire ontarien met en garde contre le racisme lié au coronavirus

Des organismes communautaires saluent la prise de position d’un conseil scolaire de l’Ontario contre le profilage racial au moment où le nouveau coronavirus soulève des préoccupations quant à la discrimination contre les Canadiens d’origine chinoise.

Des responsables du conseil scolaire de la municipalité régionale de York ont publié lundi une lettre exhortant les parents à ne pas spéculer sur le risque pour la propagation du virus que présenteraient les élèves et les membres du personnel en fonction de leur appartenance ethnique ou de leurs antécédents de voyage.

Une pétition en ligne de parents de la région au nord de Toronto, qui compte une importante population chinoise, appelle le conseil scolaire à demander aux élèves dont les familles sont récemment rentrées de Chine de rester à la maison pendant 17 jours pour se mettre de leur propre chef «en quarantaine».

La présidente du conseil, Juanita Nathan, et la directrice Louise Sirisko ont écrit que de telles demandes risquaient de démontrer un biais et du racisme, même lorsqu’elles étaient faites au nom de la sécurité.

«Dans des moments comme celui-ci, nous devons nous rassembler en tant que Canadiens et éviter toute trace de xénophobie, qui dans ce cas peut victimiser notre communauté chinoise d’Asie de l’Est, indique la lettre. De telles situations peuvent malheureusement donner lieu à une discrimination fondée sur les perceptions, les stéréotypes et la haine.»

Plus d’une douzaine de groupes communautaires qui défendent les communautés marginalisées ont publié mardi une déclaration commune félicitant le conseil scolaire d’avoir pris des mesures rapides pour empêcher le profilage racial.

«Le racisme n’a pas sa place dans notre société ou dans nos salles de classe», soutient le communiqué, qui a été approuvé entre autres par le Conseil national des Sino-Canadiens pour la justice sociale, le Conseil ontarien des agences de services aux immigrants (OCASI) et l’Alliance urbaine sur les relations interraciales.

Mardi, des responsables de la santé ont découvert un cas présumé de virus en Colombie-Britannique, en plus des deux autres qui ont été signalés à Toronto.

S’exprimant à Ottawa, la ministre de la Santé, Patty Hajdu, a mis en garde les gens contre le fait de laisser la crainte de la maladie les pousser à faire preuve de discrimination.

La ministre a par ailleurs rappelé que le virus demeure à faible risque de se propager au Canada. Elle a aussi précisé que des responsables de la santé publique supplémentaires seront déployés dans les aéroports pour accueillir les passagers des vols chinois et s’assurer qu’ils comprennent les mesures à prendre s’ils éprouvent des symptômes. 

Mercredi, les organisateurs doivent tenir une conférence de presse devant l’hôtel de ville de Toronto sur la lutte à la stigmatisation des communautés sino-canadiennes dans un climat de panique qui s’installe à propos du nouveau coronavirus.

La conférencière Avvy Go, directrice de la Clinique juridique chinoise et du Sud-Est asiatique, a déclaré que le climat de peur ramène des souvenirs douloureux de la discrimination dont des Canadiens d’origine chinoise ont souffert pendant l’épidémie de SRAS en 2003.

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