Un couple est condamné pour des propos et comportements homophobes

MONTRÉAL — Un couple devra payer cher ses propos et gestes homophobes à l’endroit des propriétaires de son logement.

Les deux locataires sont condamnés par le Tribunal des droits de la personne à verser un total de 18 000 $ en dommages moraux et punitifs aux plaignants à la suite d’un banal différend avec leurs propriétaires, un couple homosexuel, différend qui a dérapé sur le terrain des insultes et du harcèlement homophobes.

Les propriétaires avaient acheté un dépanneur pour l’exploiter en 2010 puis, en 2014, l’immeuble qui abritait le commerce ainsi que quatre logements locatifs, où habitait le couple. Les relations étaient apparemment excellentes entre les propriétaires et le couple locataire jusqu’à une plainte de bruit impliquant une intervention de la police au logement de celui-ci en 2015.

La relation entre propriétaires et locataires s’était détériorée au point où, finalement, le couple propriétaire a décidé de devancer son projet de préretraite et d’évincer les locataires pour reprendre le logement pour y habiter soi-même. La dame avait alors réagi à l’éviction avec trois interventions sur le réseau social Facebook dans lesquelles elle avait notamment affirmé «Ils sont cons ces deux fifs» et «Un beau ti couple d’homos».

Plusieurs incidents à caractère homophobe ont par la suite marqué les échanges entre propriétaires et locataires, ceux-ci se poursuivant même après le départ du couple de son logement. L’homme, dans le couple de locataires, avait notamment continué à circuler devant le commerce et a mimé à plusieurs reprises des fellations.

Bien que la dame ait invoqué la colère pour justifier ses propos sur Facebook, le tribunal rappelle que «le fait d’entretenir des rapports difficiles ou conflictuels avec une personne ne peut excuser des propos discriminatoires» et que «le fait d’avoir été emportée par la colère ne saurait, non plus, justifier le comportement discriminatoire d’une personne».

Quant à l’explication de l’homme, selon qui ses gestes dégradants étaient en fait «des bâillements», celle-ci est jugée «totalement farfelue» par le tribunal qui juge qu’ils sont plutôt «une allusion directe à l’orientation sexuelle des plaignants et contreviennent à la Charte» des droits et libertés.

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