Un déblocage dans le transport interurbain par autocar est en vue

MONTRÉAL — Un déblocage dans le transport interurbain en autocar est en vue au lendemain de l’annonce, par le gouvernement Legault, d’une aide d’urgence additionnelle de 10 millions $ aux transporteurs.

Ce déblocage devrait non seulement permettre de maintenir le service en Gaspésie, mais aussi redonner le service dans de nombreuses régions qui en sont privées, certaines depuis près d’un an.

«Je suis confiant qu’on va être capables de reprendre ces lignes-là à assez court terme», a déclaré à La Presse Canadienne le président-directeur général de la Fédération des transporteurs par autobus (FTA), Luc Lafrance.

Keolis a récemment annoncé que sa filiale Orléans Express cessera de desservir la Gaspésie à compter du 7 février, mais plusieurs régions sont déjà privées de service, notamment Charlevoix et la Côte-Nord, l’ensemble du Lac-Saint-Jean, plusieurs villes du Centre-du-Québec et de l’Estrie, tout le nord-ouest de l’Abitibi et l’ensemble du Témiscamingue ainsi que de grands pans de l’Outaouais.

La FTA et les dirigeants des différentes compagnies de transport ont rencontré mercredi matin les représentants du cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel, afin d’obtenir des précisions sur cette aide. 

Le diable dans les détails

«Les transporteurs se questionnaient beaucoup sur les modalités, ce qui est couvert, ce qui ne l’est pas, les délais, etc.», a expliqué M. Lafrance.

«On connaissait l’échéance que Keolis avait mise sur l’arrêt des opérations pour la Gaspésie. On voulait se rasseoir rapidement avec le ministère pour avoir un peu plus d’explications quant à toutes ces modalités.» 

Les rencontres se poursuivaient en après-midi entre les responsables des finances des entreprises en question et les fonctionnaires chargés de l’application du programme d’aide.

«On a déjà éclairci certaines situations. Il en reste à faire et les fonctionnaires s’attellent à la tâche avec nos gens des finances ou de la comptabilité pour continuer à éclaircir tout ça avant d’être capables de dire: oui, ça fait plus de bien et on va être capables de reprendre les opérations», a ajouté M. Lafrance.

Une première tentative inadéquate

Le questionnement de la FTA faisait suite à l’expérience vécue par les transporteurs avec une première aide d’urgence rendue disponible en juillet, une enveloppe de 8,2 millions $ dont seulement 2 millions $ avaient été utilisés et dont un autre million $ de demandes est toujours «sous analyse» au ministère.

«La première aide financière de juillet à octobre de 8,2 millions $ n’a pas été touchée ou presque et ce n’est pas par faute de demandes d’aide. On salue le 10 millions $ additionnel, mais on se questionnait sur les modalités et les conditions après l’expérience vécue l’automne dernier sur le premier 8,2 millions $», a laissé tomber M. Lafrance.

Le nouveau programme, qui vise davantage à soutenir les lignes secondaires en région, abandonnées ou réduites comme peau de chagrin, prévoit couvrir 75 % des pertes subies par les transporteurs rétroactivement au 16 octobre dernier. 

Luc Lafrance répète, toutefois, qu’il était essentiel de clarifier les dépenses admissibles avant d’annoncer le maintien ou la relance des lignes secondaires. Il rappelle qu’avant même la pandémie, plusieurs lignes secondaires étaient déficitaires.

Toutefois, bien que Québec offre un soutien d’urgence pour assurer un service minimum dans les régions, ni le gouvernement ni les transporteurs n’en sont au point de trouver une solution à long terme pour le moment.

De son côté, le bureau du ministre Bonnardel a précisé que «les enjeux soulevés sont essentiellement administratifs» et ajoute que les transporteurs reconnaissent l’effort du gouvernement. 

Le cabinet du ministre ajoute que tout est mis en oeuvre pour que les transporteurs aient en main «tous les éléments d’information leur permettant de bénéficier des sommes disponibles afin d’assurer les services à la population».

Mardi, le ministre avait déclaré à La Presse Canadienne que son objectif immédiat était de redonner un service, aussi minimal soit-il, aux citoyens des régions.

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