Un député dénonce des placements de l’OIRPC dans des sociétés chinoises

OTTAWA — L’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada (OIRPC) fait face à des pressions pour qu’il se désengage de sociétés prétendument liées à des violations des droits de la personne en Chine.

«Certains de mes électeurs sont venus me voir au cours des dernières semaines parce que des membres de leur famille avaient été internés», a raconté le député conservateur de Calgary-Shepard, Tom Kmiec, lors d’une réunion du comité permanent des finances de la Chambre des communes.

Le parlementaire a aussi parlé des écoles de rééducation, qu’il a comparées à des camps de concentration et d’internement, où sont confinées des centaines de milliers de personnes appartenant à une minorité musulmane, les Ouïghours.

Selon Amnistie internationale, les personnes envoyées dans ces camps n’ont pas subi de procès et ne sont pas représentées par un avocat, ce qui permet aux autorités de les maintenir en détention pendant plusieurs mois. C’est elles qui déterminent si un détenu a été suffisamment «rééduqué».

L’OIRPC a investi dans deux sociétés — Hangzhou Hikvision Digital Technology et Zhejiang Dahua Technology — qui fabriqueraient des équipements de surveillance utilisés dans le cadre de la répression des Ouïghours, a accusé le député Kmiec.

Il a demandé aux représentants de l’OIRPC si celui-ci s’était débarrassé de ces investissements et sinon, pour quelles raisons il les garde.

Michel Leduc, directeur général principal et chef mondial, Affaires publiques et communications de l’OIRPC, a répondu qu’il était, jusqu’à tout récemment, très coûteux de vérifier si les 10 000 sociétés de portefeuille disséminées à travers la planète respectaient les droits de la personne. L’agence dispose depuis peu d’un instrument qui lui permet d’identifier les moutons noirs éventuels.

«Ces deux actifs nous ont été signalés», a-t-il reconnu.

M. Kmiec n’a guère apprécié la réponse qu’il a qualifiée de «très froide». Il a insisté sur le sujet plus tard au cours de la réunion.

«Voulez-vous vous engager à céder ces placements de l’OIRPC, des fonds qui sont payés par tous les Canadiens ? Chaque Canadien verse donc des sommes à ces sociétés pour faciliter l’oppression et la répression des Ouïghours musulmans dans l’ouest de la Chine», a-t-il déclaré.

L’OIRPC gère des centaines de milliards de dollars en épargne-retraite des Canadiens.

M. Leduc a répliqué que «cela ne peut pas être une décision personnelle», mais que le conseil d’administration est déterminé à prendre au sérieux les problèmes dénoncés par M. Kmiec et d’en tenir compte avant de décider d’investir.

Le député l’a exhorté à se dépêcher, car «ces camps s’agrandissent de jour en jour, de semaine en semaine, de mois en mois».