L’enquête sur les abus dans le sport doit s’étendre au-delà du hockey, dit un comité

OTTAWA — Le comité de la Chambre des communes qui enquête sur les abus dans le sport se réunira de nouveau la semaine prochaine pour déterminer comment étendre son enquête au-delà de Hockey Canada.

Les députés du comité disent que leurs enquêtes doivent trouver un moyen de tenir toutes les organisations sportives, les entraîneurs et les athlètes responsables des comportements inappropriés et abusifs.

Le député libéral Chris Bittle, l’un des 12 membres réguliers du comité du Patrimoine canadien, a indiqué que le départ du président et du conseil d’administration de Hockey Canada mardi était nécessaire, mais que cela seul «ne remplace pas un changement de culture».

Le comité a lancé son enquête sur Hockey Canada en juin, après avoir découvert que l’organisation avait réglé une poursuite avec une femme qui alléguait que huit membres de l’équipe nationale junior 2018 l’avaient agressée sexuellement après un gala de Hockey Canada à London, en Ontario.

M. Bittle a ajouté qu’il faut maintenant se concentrer sur la façon de résoudre ce qui ne va pas, non seulement chez Hockey Canada, mais aussi sur les problèmes culturels profonds dont on a détourné le regard lorsque les médailles et la gloire étaient en jeu.

«Nous pouvons regarder s’il y a des organisations qui placent les athlètes sur des piédestaux tels qu’il n’y a pas de conséquences pour leurs actions, y compris cette affaire qui a conduit à notre enquête où il ne semble pas y avoir de conséquences», a précisé M. Bittle lors d’une entrevue.

Les responsables de Hockey Canada ont déclaré au comité en juin qu’ils avaient appris l’agression présumée le lendemain du gala de London, mais qu’une enquête interne n’a pas été en mesure d’identifier les joueurs impliqués et qu’aucune mesure disciplinaire n’a été prise.

«Pourquoi n’y avait-il pas quelqu’un pour dire:  »Il y a certaines personnes qui ne devraient pas porter la feuille d’érable sur leur poitrine pour représenter le Canada »? a demandé M. Bittle. S’il n’y a pas de conséquences pour les entraîneurs et les athlètes en termes de conduite, ce sera pire.»

Le député néo-démocrate Peter Julian a noté que la refonte de la direction de Hockey Canada ne changeait pas «les problèmes fondamentaux concernant la façon dont Hockey Canada traite ces horribles allégations de violence sexuelle, traite les abus sexuels, traite les victimes».

Aller au fond de cela devrait être une priorité pour le comité, mais ces questions devaient être posées à de nombreuses autres organisations sportives, selon M. Julian.

«Il n’y a pas que Hockey Canada qui ne prend pas au sérieux les questions de protection des athlètes et de protection du public, a-t-il déclaré. Il reste donc beaucoup de travail à faire pour notre comité.»

Le comité se réunit normalement les mardis et vendredis lorsque la Chambre des communes siège et M. Julian s’attend à ce que la première réunion de la semaine prochaine soit consacrée à discuter de la direction de l’enquête et des témoins qui doivent encore être appelés.

«Je pense qu’il est juste de dire que tous les membres du comité comprennent que cela va au-delà du hockey, qu’il s’agit d’une crise dans les organisations sportives nationales, a souligné M. Julian. Et je m’attends à ce que nous poursuivions les audiences et élargissions ce mandat sur cette base.»

Des allégations d’abus psychologiques, physiques et sexuels ont surgi dans plusieurs sports au Canada au cours des dernières années, notamment l’aviron, la boxe, le rugby, le ski et le soccer.

Des centaines d’athlètes de gymnastique et de bobsleigh ont signé des lettres ouvertes en mars appelant à des enquêtes indépendantes sur les abus et les environnements toxiques. Les deux lettres suggèrent que les athlètes avaient peur de parler plus tôt de peur d’être punis et d’être exclus des équipes nationales et olympiques.

En 2018, une poursuite a été intentée contre Canada Alpin par d’anciens skieurs qui ont déclaré que l’organisation avait dissimulé des abus sexuels de la part d’un entraîneur en partie pour éviter une perte de parrainages.

M. Julian a précisé que le problème n’est pas seulement que les organisations sportives autorisent des environnements toxiques, mais aussi que le gouvernement fédéral n’a rien fait pour l’arrêter.

«Le gouvernement fédéral a laissé les organisations sportives nationales se gérer sans surveillance, sans aucune obligation, et cela doit fondamentalement changer», a martelé M. Julian.

Cela commence à changer. La ministre des Sports, Pascale St.-Onge, a suspendu le financement fédéral de Hockey Canada et de Gymnastique Canada plus tôt cette année lorsque les allégations d’abus ont été soulevées.

Elle révise les accords de contribution afin que les organismes sportifs doivent faire preuve de responsabilité, de transparence et d’engagement envers le sport sécuritaire afin de recevoir des fonds fédéraux.

Pour obtenir un financement l’année prochaine, toutes les organisations sportives doivent s’inscrire auprès du nouveau commissaire à l’intégrité dans le sport, qui a été embauché en juin pour mettre en œuvre un «Code de conduite universel pour prévenir et contrer la maltraitance dans le sport».

Pour l’instant, seules deux fédérations nationales se sont inscrites: Volleyball Canada et Haltérophilie Canada.

Au cours de ses trois premiers mois de fonctionnement, le bureau du commissaire à l’intégrité a reçu 24 plaintes officielles, mais les deux tiers concernaient des membres d’organisations sportives qui n’avaient pas encore adhéré au processus.

Seulement six des plaintes ont été jugées recevables en vertu de la compétence du commissaire.

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