Les policiers rendent un dernier hommage à l’agent Thierry LeRoux

SAGUENAY, Qc – Une famille déchirée par l’émotion mais soutenue par des centaines de policiers a dit adieu, vendredi après-midi, à Saguenay, à l’agent Thierry LeRoux, abattu il y a deux semaines dans la communauté autochtone de Lac-Simon, près de Val-d’Or.

Les funérailles civiques avaient lieu à la cathédrale de Chicoutimi, en présence du premier ministre Philippe Couillard et de nombreux autres dignitaires. Des représentants de corps policiers de partout au pays avaient été délégués.

Arrivé au son des tambours, le long cortège de policiers a monté les marches vers l’église avant l’entrée du cercueil, en longeant la haie d’honneur.

On y retrouvait notamment des policiers de Montréal, de Québec, d’autres corps municipaux, des agents de la Sûreté du Québec, mais aussi de la Police provinciale de l’Ontario, et même des représentants de l’Alberta et de la Colombie-Britannique.

Au cours de la cérémonie de deux heures, les membres de la famille ont livré des témoignages poignants sur le jeune homme de 26 ans, tué par un jeune Algonquin lors d’une intervention qui a mal tourné.

Le père, Michel LeRoux, directeur d’une papetière à Alma, a dressé le portrait d’un fils bon et espiègle.

«Tu as été un enfant merveilleux et doté d’une grande gentillesse. (…) Tu ne voyais aucune malice dans ton prochain. Tu me disais: apprends à connaître les gens et tu verras qu’il y a du bon en chacun d’eux.»

Il a exprimé sa gratitude envers les policiers présents dont le soutient aidait sa famille «à faire face à cette épouvantable tragédie».

La conjointe de Thierry LeRoux, Joannie Vaillancourt, était encore ébranlée et elle retenait difficilement ses sanglots durant son hommage.

«Aujourd’hui, c’est une journée incroyablement difficile, car je suis obligée de te dire au revoir. Tu es et seras toujours le grand amour de ma vie», a-t-elle dit.

Le frère cadet du défunt, Steffan, a décrit la grande complicité qu’ils avaient tous les deux et leur proximité. Ils avaient fait serment de s’entraider lors d’une rentrée scolaire dans leur enfance.

«Tu pourras toujours compter sur moi mon frère, nous devons nous protéger en tout temps, a-t-il relaté. (…) Je ne pourrai plus jamais te protéger comme nous nous l’étions promis, car tu nous as quittés beaucoup trop tôt. (…) Chaque matin j’enfilerai ton gilet pare-balles, ton ceinturon, (chausserai) tes bottes et (porterai) ta casquette pour veiller sur notre famille.»

Au terme de ces longues obsèques, les porteurs de la SQ ont porté le cercueil jusqu’au corbillard, dans le silence complet, sans que les cloches de la cathédrale ne sonnent.

Le premier ministre Couillard a échangé quelques mots avec la famille, dehors près du cercueil.

«Je suis venu ici pour exprimer au nom de tous les Québécois notre chagrin, nos condoléances à la famille, une belle famille, et notre reconnaissance envers tous les hommes et femmes qui consacrent leur vie au service des autres, à la protection de notre société, a dit le premier ministre dans un point de presse peu après. On leur doit beaucoup.»

Un des représentants de l’opposition officielle, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a rendu hommage au jeune homme, qui avait étudié au cégep d’Alma.

«On connaît bien le père, on tenait à exprimer toute notre solidarité, c’est un petit jeune de chez nous», a-t-il dit.

Thierry LeRoux a été tué le 13 février à la suite d’une intervention qui a mal tourné dans une résidence de Lac-Simon, en Abitibi. Accompagné par un autre collègue, il avait été appelé à se rendre sur place en raison d’une querelle quand Anthony Raymond Papatie l’a abattu, pour ensuite s’enlever la vie. Le jeune policier était à l’emploi de la police de Lac-Simon depuis seulement six mois.

Outre le premier ministre, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, était aussi présent. Le gouvernement fédéral était représenté par le ministre de la Famille, Jean-Yves Duclos.

La Sûreté du Québec a ouvert une enquête et les agents du corps policier local ont été relevés de leurs fonctions à la suite du meurtre. Plusieurs autochtones de Lac-Simon ont témoigné dans les jours qui suivent des problèmes sociaux de leur communauté.