Un désinfectant pour les mains contrefait sert de rappel à la vigilance

TORONTO — Dollarama retire de ses étagères un désinfectant pour les mains contrefait et faisant l’objet d’un rappel, ce qui, selon des experts, souligne à quel point il est important pour les détaillants et les consommateurs de faire preuve de prudence lors de leurs achats.

«Depuis le début du coronavirus, il s’agit d’un énorme « Far West » d’équipement de protection individuelle (EPI)», a soutenu Yue Gao, pharmacienne et responsable de l’assurance qualité chez MedyKits, fournisseur d’EPI établi en Ontario.

«Certaines personnes n’ont pas conscience de la situation.»

Mme Gao a fait ces commentaires, mardi, après que Santé Canada eut révélé avoir découvert un désinfectant pour les mains Daily Shield contrefait qui était en vente dans l’une des succursales de Dollarama à Thunder Bay, en Ontario, avec le même numéro de lot qu’un produit légitime de Bio Life Sciences.

Le détaillant Dollarama, établi à Montréal, a déclaré que le produit de 250 ml étiqueté NPN 80098979, lot 6942, expiration mai 2023, était disponible dans environ la moitié des magasins de la chaîne et que chaque emplacement en vendait environ 17 bouteilles, qui ont été retirées dès que Santé Canada a commencé à enquêter.

Santé Canada estime que la version frauduleuse du produit peut s’avérer inefficace pour tuer les bactéries et les virus, et pose de graves risques pour la santé parce qu’elle contient du méthanol. L’ingrédient n’est pas autorisé pour une utilisation dans les désinfectants pour les mains et peut provoquer des réactions indésirables graves ou la mort en cas d’ingestion.

C’est loin d’être le seul rappel auquel le pays a été confronté ces derniers mois, car la COVID-19 a fait des désinfectants pour les mains un produit recherché et a incité des dizaines de distillateurs et maintenant d’autres entreprises à commencer à en produire.

Santé Canada a déclaré avoir rappelé plus de 100 désinfectants pour les mains récemment et Mme Gao a entendu sa juste part de plaintes concernant des produits.

«En travaillant dans la pharmacie, une cliente est venue me voir pour me montrer des photos des mains de son fils parce qu’il a développé une éruption cutanée et une peau très, très sèche qui était rouge à cause du désinfectant pour les mains qu’il utilisait à l’école, a relaté Mme Gao. Ça ne regardait pas bien, alors j’ai dû lui dire de s’assurer de se protéger avec ses propres achats.»

Les rappels soulignent que les détaillants devraient se concentrer sur deux choses: les fournisseurs et la qualité, a déclaré Fraser Johnson, président de la Leenders Supply Chain Management Association à l’Université Western en Ontario.

«Vous avez des fournisseurs non réputés qui veulent tricher et ils peuvent passer par un processus d’examen avec (un détaillant) et l’approvisionner pendant un certain nombre d’années, puis décider qu’ils veulent remplacer le désinfectant pour les mains par un substitut et ne pas divulguer cette information», a affirmé M. Johnson.

«C’est une chose très difficile à vérifier pour une entreprise.»

Les détaillants peuvent demander des références aux fabricants de désinfectants pour les mains ou rechercher des sites web et des preuves que d’autres entreprises ont fait confiance à la marque, ajoute-t-il.

Des listes de Santé Canada

Dans un courriel transmis à La Presse Canadienne, Santé Canada a déclaré qu’elle recommandait aux entreprises de se référer à une liste de désinfectants pour les mains autorisés sur son site web, qui inclut les étiquettes d’identification des produits naturels et des médicaments.

L’agence a également publié une deuxième liste de désinfectants pour les mains acceptés dans le cadre d’une mesure provisoire que le gouvernement a mise en place pour permettre à certains produits d’être vendus au Canada s’ils étaient approuvés dans d’autres juridictions.

Santé Canada a déclaré qu’il continuait d’enquêter sur les contrefaçons du Daily Shield avec la coopération de Dollarama, qui a indiqué dans un courriel à La Presse Canadienne que tous ses achats de désinfectant pour les mains font l’objet d’un examen de conformité complet avant d’être vendus pour assurer la qualité et la sécurité du produit.

«Le produit en question a été acheté auprès d’un fournisseur canadien de longue date. Dollarama n’était ni l’importateur ni le titulaire de la licence de ce produit», a déclaré la porte-parole de l’entreprise Lyla Radmanovich.

«Les clients sont invités à jeter le produit ou à le retourner dans n’importe quel magasin pour un remboursement complet.»

Une marque reconnue

Les clients qui ne veulent pas être dupés ne devraient acheter que chez des détaillants de confiance avec des marques qu’ils associent à la qualité, a fait valoir M. Johnson.

Si cela semble bon marché, réfléchissez-y attentivement, dit-il.

Lorsque Mme Gao achète un désinfectant pour les mains, elle s’assure qu’il ne contient pas de méthanol et porte une attention particulière à l’étiquette.

«Certaines de ces entreprises de désinfectants contrefaits ont une fausse étiquette sur le dessus de la bouteille, et le seul moyen alors est de garder un œil sur les rappels que le site web de Santé Canada affiche.»

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