Un détenu autochtone juif intente des pousuites pour dénoncer des sévices

TORONTO — Un détenu d’origine juive et autochtone intente une poursuite judiciaire contre les autorités pénitentiaires, leur reprochant la soi-disant brutalité des gardiens, qui lui auraient causé des blessures permanentes et l’auraient empêché de gagner un revenu.

Âgé de 44 ans, Timothy Nome, qui purge une peine indéterminée pour avoir frappé un gardien en 2005, réclame 1,4 million $, dont la moitié en dommages-intérêts punitifs.

Selon l’avocat montréalais Max Silverman, la poursuite vise aussi à faire la lumière sur «l’obscurité régnant derrière les murs» du système pénitentiaire canadien.

L’avocat a dit n’avoir jamais soupçonné l’existence d’une telle cruauté dans les prisons canadiennes.

Nome est maintenant incarcéré à l’Établissement Stony Mountain, au Manitoba, où il a été transféré en mars 2017 après avoir déclaré que des gardiens de la Colombie-Britannique l’avaient délibérément installé dans un secteur dominé par des suprémacistes blancs connus

Cependant, la poursuite déposée jeudi à la Cour supérieure à Montréal concerne les 15 mois que Nome a passés de décembre 2009 à mars 2012 dans l’unité de traitement spécial du Centre régional de réception de la région du Québec, à Sainte-Anne-des-Plaines.

Nome soutient avoir subi un traitement particulièrement brutal et violent au cours de son incarcération à l’unité spéciale de détention. Il dit être tombé dans un cycle de haine, de paranoïa et de détresse psychologique à la suite de ces incidents. Ceux-ci auraient contribué à prolonger sa détention.

Une vidéo existe pour certains des huit incidents allégués. Dans certains cas, le Bureau de l’enquêteur correctionnel a jugé que les gardiens étaient responsables des mauvais traitements.

Parmi ces mauvais traitements: deux gardiens lui auraient fracturé un poignet et démis une épaule. Un gardien a baissé le pantalon de Nome et a tenté de l’agresser. Un autre gardien a menacé de tuer le rabbin de Nome, provoquant une dispute au cours de laquelle du poivre de Cayenne a été lancé au visage du prisonnier.

Le Service correctionnel du Canada a refusé de commenter les allégations de Nome, disant que la cause était devant les tribunaux. Il n’a pas précisé si des agents de correction avaient fait l’objet de mesures disciplinaires.

«Nos employés sont tenus de respecter les normes juridiques et éthiques les plus strictes et sont soumis aux règles de déontologie et au code de discipline, a déclaré une porte-parole du SCC. Nous ne tolérons aucune infraction à nos politiques et les cas d’inconduite d’employés font l’objet d’une enquête.»

Originaire de Williams Lake, en Colombie-Britannique, Nome est né d’une mère juive orthodoxe et d’un père cri. Il est principalement en détention depuis l’âge de 13 ans et, à l’âge adulte, il est sorti de prison pendant seulement neuf mois, au cours desquels il a agressé une fille de 14 ans.

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