Un détenu intoxiqué, des comprimés dans les poches, est mort en cellule en N.-É.

HALIFAX – Un homme du Cap-Breton est mort dans sa cellule avec un taux de méthadone pratiquement létal et dans les poches un sac rempli de comprimés, révèle l’autopsie.

Le père de Jason Marcel LeBlanc se demande aujourd’hui comment son fils a pu mourir ainsi d’une surdose en détention, sous l’oeil d’une caméra de surveillance.

Jason Marcel LeBlanc, âgé de 42 ans, est mort en cellule le 31 janvier dernier quelques heures après avoir été incarcéré à l’Établissement correctionnel provincial du Cap-Breton pour violation de conditions. M. LeBlanc était dépendant aux opiacés depuis ses années passées dans les champs pétrolifères de l’Alberta.

Selon le rapport du bureau du coroner, dont La Presse Canadienne a obtenu copie, M. LeBlanc est mort d’une combinaison de méthadone et de bromazépam. La coroner n’indique cependant pas à quelle fréquence les gardiens ont gardé un oeil sur lui, ou si le personnel médical de l’établissement correctionnel était au courant de son degré d’intoxication.

La vidéo montre que le détenu a commencé à présenter des difficultés à respirer vers 1 h 50, mais les agents correctionnels ne sont intervenus que 45 minutes plus tard. Son décès a été constaté à 2 h 45.

Sur les images de surveillance vidéo, on voit aussi le détenu fouiller dans ses poches et en sortir un sac de comprimés — le bromazépam — avant de perdre conscience, selon le rapport de la coroner Marnie Wood, déposé le 8 juin.

Ernie LeBlanc n’en revient pas que son fils ait pu être jeté en cellule sans être convenablement fouillé, qu’il ait pu continuer à prendre de la drogue en détention et qu’il soit mort sous l’oeil d’une caméra de surveillance.

Dans un courriel, le ministère de la Justice de la Nouvelle-Écosse indique qu’une enquête interne est en cours et refuse de commenter pour l’instant.

Howard Sapers, directeur du Bureau de l’enquêteur correctionnel du Canada, estime que l’autopsie et les allégations du père pourraient être suffisantes pour déclencher une enquête externe afin de déterminer si les procédures ont été suivies par le personnel de cet établissement provincial.