Un deuxième coup d’État déjoué au Soudan, le chef de l’armée arrêté

LE CAIRE — Le chef de l’armée soudanaise a été arrêté avec plusieurs autres personnes pour avoir fomenté un coup d’État, a annoncé l’armée, mercredi.

Il s’agit du deuxième putsch déjoué depuis le début du mois au Soudan, où les discussions entre l’armée et le mouvement prodémocratie concernant un accord de partage du pouvoir pendant la période de transition semblent s’enliser.

Plus tôt en juillet, le conseil militaire qui a pris le contrôle du pays après le renversement du dictateur Omar el-Béchir, en avril, avait annoncé l’arrestation d’au moins 16 officiers de l’armée actifs et retraités pour avoir participé à un coup d’État déjoué.

Un bref communiqué de l’armée publié tard mercredi soir affirme que le chef d’état-major de l’armée soudanaise, le général Hashem Abdel-Muttalib Babakr, fait partie des personnes arrêtées pour avoir participé au plus récent complot. Selon le communiqué, le putsch visait à saboter l’accord de partage du pouvoir entre le conseil militaire et le mouvement qui réclame la démocratie.

Le général Babakr a été nommé chef d’état-major quelques jours à peine après le renversement du président El-Béchir, après des mois de manifestations populaires réclamant son départ après 30 ans au pouvoir.

Depuis avril, M. Babakr avait semblé loyal au général Abdel-Fattah Burhan, président du conseil militaire au pouvoir, et s’était rendu en Égypte la semaine dernière avec une délégation soudanaise de haut niveau.

Plus tôt mercredi, deux responsables militaires ont déclaré à l’Associated Press que certaines des autres personnes arrêtées étaient des membres de l’armée et des services de renseignement et de sécurité.

Plusieurs islamistes, dont un ex-ministre fidèle à l’ancien président, ont également été arrêtés, ont indiqué des responsables sous le couvert de l’anonymat.

Les arrestations ont toutes eu lieu cette semaine.

Les généraux au pouvoir et les militants prodémocratie doivent encore signer la dernière partie cruciale de l’accord de partage du pouvoir. Cette partie est censée préciser la répartition des pouvoirs pendant la période de transition qui doit précéder la tenue d’élections.