Un deuxième décès lié à la COVID-19 en Ontario, selon une direction régionale

TORONTO — Une direction régionale de la santé publique en Ontario a signalé jeudi un deuxième décès lié à la COVID-19, et il pourrait s’agir d’un cas de «transmission communautaire».

La ministre de la Santé, Christine Elliott, n’a pas été immédiatement en mesure de confirmer ce décès, mais la direction régionale de la santé publique de Halton a indiqué que l’homme, dans la cinquantaine, souffrait déjà d’un problème de santé sous-jacent. Le quinquagénaire n’avait pas voyagé à l’extérieur du pays récemment et il n’avait aucun lien connu avec un autre cas confirmé de la COVID-19, a-t-on précisé jeudi.

«Il semble s’agir d’une transmission locale», a avancé la docteure Hamidah Meghani, en précisant que l’enquête épidémiologique en était à ses débuts. «C’est la preuve tragique que nous devons travailler ensemble pour ralentir la propagation de la COVID-19 (…) Faites votre part et faites-le maintenant. Nous n’aurons qu’une seule chance à ce jeu.»

La ministre Elliott a rappelé de son côté que l’on ne savait toujours pas si la COVID-19 était la cause du premier décès qui a été lié à la pandémie dans cette province, ou si l’homme de 77 ans est plutôt mort d’une autre cause — même s’il était effectivement aussi atteint du nouveau coronavirus.

L’Ontario a signalé jeudi 43 nouveaux cas de la COVID-19 — la plus forte augmentation en une seule journée —, ce qui porte le bilan total dans cette province à 257 cas, dont le décès déjà signalé et cinq cas résolus.

Le premier ministre Doug Ford a encore martelé qu’il était «essentiel» que tout le monde pratique la distanciation sociale pour éviter «une augmentation soudaine et dramatique du nombre de cas et, en conséquence, alourdir le fardeau déjà considérable qui pèse sur notre système de santé».

Télésanté Ontario, le service de référence pour les citoyens qui présentent des symptômes de la COVID-19, est submergé d’appels. Les difficultés techniques rencontrées mercredi, après l’ajout de 300 nouvelles lignes, ont maintenant été résolues, et la province a depuis ajouté 1300 lignes supplémentaires. Le ministère de la Santé a déclaré qu’il y avait eu 13 500 appels à Télésanté mercredi seulement.

De la dénonciation citoyenne ?

Informé que des gens se rendraient au travail après avoir voyagé, le premier ministre Ford a exhorté les citoyens à suivre les consignes de la santé publique et à s’isoler pendant 14 jours à leur retour au pays. «Doit-on se rendre jusqu’à la dénonciation de voisins ou de collègues? Écoutez, nous sommes dans une situation critique en ce moment», a-t-il lancé.

Le gouvernement de l’Ontario a par ailleurs adopté jeudi après-midi une loi d’urgence visant à protéger les travailleurs contraints de rester à la maison en raison de la pandémie. Le premier ministre Doug Ford a précisé que la loi s’appliquerait aux employés qui font l’objet d’un test, d’une surveillance médicale ou de soins liés au nouveau coronavirus. La loi protégerait aussi les travailleurs qui sont en isolement préventif ou en quarantaine et ceux qui doivent s’occuper d’une personne touchée par la crise, notamment à cause de la fermeture des écoles et des garderies.

Le projet de loi a été adopté avec le rare soutien de tous les partis à Queen’s Park, en un peu plus d’une heure de débat, lors d’une session extraordinaire de l’Assemblée législative. Compte tenu des mesures d’éloignement social, seulement 26 députés siégeaient jeudi, à bonne distance les uns des autres.

Les députés ontariens présents ont également adopté un projet de loi qui crée des exemptions temporaires permettant aux conseils municipaux de se réunir par téléconférence et de déroger aux règlements sur le bruit pour permettre la livraison d’épicerie 24 heures sur 24.

La législature sera désormais suspendue jusqu’au 25 mars, alors qu’elle devait reprendre ses travaux le 23 mars, après les semaines de relâche de mars. Le ministre des Finances, Rod Phillips, devrait présenter ce jour-là des prévisions économiques, revues à la baisse, plutôt que le budget annuel.

Le leader du gouvernement en Chambre, Paul Calandra, a reconnu le caractère inhabituel de cette séance d’un jour, mais il prévient qu’il pourrait y en avoir davantage alors que le gouvernement réagit à une situation en constante évolution. «Jusqu’à ce que le médecin hygiéniste nous dise le contraire, cela pourrait être la nouvelle norme pour l’Assemblée législative de l’Ontario dans un avenir prévisible», a-t-il dit, en remerciant les partis d’opposition pour leur collaboration.

Il a d’ailleurs soutenu que le gouvernement avait pris la mesure inhabituelle de consulter l’opposition pour son projet de loi d’urgence et qu’il avait accepté quelques suggestions. La cheffe néo-démocrate, Andrea Horwath, a déclaré que son parti appuie l’adoption rapide du projet de loi, mais elle se disait déçue qu’il ne contienne pas plus de protections pour les travailleurs. Elle estime qu’il s’agit là de «premiers petits pas». Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, avait annoncé que son parti soutiendrait lui aussi le projet de loi.

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