Un deuxième Première Nation se lance dans une pêche du homard autoréglementée

La pêche commerciale autochtone autoréglementée a créé un enthousiasme et un optimisme au sein d’une petite Première Nation du sud du Cap-Breton, souligne son chef.

Wilbert Marshall, le chef de la Première Nation de Potlotek, dit que sept bateaux participent déjà à la pêche du homard trois jours après son lancement. Selon lui, ils rapportent quotidiennement plusieurs centaines de livres de homard, même si nous sommes en dehors de la saison autorisée par le gouvernement fédéral.

«Cela a créé une grande excitation ici. C’est bon de voir qu’ils veulent pêcher et gagner de l’argent», se félicite le chef.

Potlotek est une Première Nation, située à environ 70 km au nord-est de Sydney, en Nouvelle-Écosse. La communauté compte environ 700 habitants. Elle éprouve des problèmes de logement.

M. Marshall dit que les jeunes de Potlotek sont impatients de gagner suffisamment pour acheter leur maison plutôt que d’attendre l’aide de la collectivité.

«Ils ne veulent pas compter sur nous. Nous sommes là pour les aider et leur donner un moyen de le faire», souligne-t-il.

La communauté a voulu imiter la Première nation Sipekne’katik dans l’ouest de la Nouvelle-Écosse, qui a commencé elle aussi sa pêche, 21 ans après une décision historique de la Cour suprême.

Dans ce jugement, le plus haut tribunal du pays tranchait en faveur de Donald Marshall qui disait que les traités lui permettaient de pêcher des anguilles où et quand il le voulait.

Les juges avaient aussi conclu que les communautés micmaques, malécites et Passamaquoddy de l’est du Canada pouvaient chasser, pêcher et se rassembler pour gagner «un moyen de subsistance convenable» — pour se procurer les «biens nécessaires».

Le tribunal a cependant clarifié son arrêt deux mois plus tard en précisant que le droit issu du traité était tout de même assujetti à la réglementation fédérale.

Les pêcheurs non autochtones soutiennent que cette précision est essentielle pour comprendre leur opposition à une pêche au homard autochtone autoréglementée, qui n’est pas assujettie à la réglementation fédérale.

L’Association des pêcheurs côtiers du comté de Richmond, le plus grand groupe de pêcheurs non autochtones de la région de la baie de Saint-Pierre a envoyé un courriel pour lui signifier son refus à la pêche à Potlotek.

Cependant, M. Marshall dit qu’il n’y a pas eu de conflits sur l’eau entre les pêcheurs, contrairement aux tensions survenues dans la baie Sainte-Marie où des pêcheurs non autochtones ont retiré les casiers des homards de leurs homologues autochtones.

«Jusqu’à présent, ils [les pêcheurs non autochtones] parlent au gouvernement. Ils ont dit qu’ils nous laisseraient tranquilles. Jusqu’à présent, c’est calme ici», témoigne-t-il.

Une porte-parole du ministère fédéral des Pêches a confirmé que la pêche de Potlotek fera l’objet de discussions en cours entre les représentants du gouvernement et M. Marshall.

La ministre fédérale des Pêches, Bernadette Jordan, a déjà dit qu’elle souhaitait «travailler avec les dirigeants des Premières Nations sur la voie de la mise en œuvre de leur droit issu de traités».

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