Un dirigeant de l’armée défend les Cyclone malgré des incidents, dont un mortel

OTTAWA — Le commandant de l’Aviation royale canadienne (ARC) a encore pleinement confiance aux nouveaux hélicoptères Cyclone de l’armée bien que des incidents se soient produits, incluant un écrasement meurtrier l’année dernière en Grèce et un atterrissage d’urgence le mois dernier dans un parc d’Halifax. 

Dans une entrevue exclusive avec La Presse Canadienne, le lieutenant-général Al Meinzinger a qualifié la manoeuvre d’Halifax de geste de précaution.   

Il a aussi défendu la décision de l’Aviation royale canadienne de permettre la remise en vol des hélicoptères Cyclone malgré que certaines questions sur l’écrasement en Grèce, qui a fait six morts, n’aient pas été répondues.  

Le lieutenant-général Meinzinger assure que lorsqu’un incident survient, les autorités prennent leur temps pour l’analyser, car elles ne doivent pas se tromper.    

L’enquête sur la tragédie du 29 avril 2020 en mer Ionienne, au large de la Grèce, est toujours en cours. En juin dernier, un rapport préliminaire a permis d’apprendre qu’avant de se poser sur le pont du navire Fredericton, les données entrées par le pilote différaient considérablement des paramètres du pilote automatique, et que l’aéronef n’a pas réagi comme prévu. 

Plutôt que de s’éteindre, le pilote automatique a travaillé en opposition au pilote humain avant que l’appareil ne s’écrase à grande vitesse dans l’eau.   

L’ordinateur du Cyclone s’est donc retrouvé en concurrence avec les entrées que le pilote tentait réellement d’induire afin de rétablir la situation.  

 Cet accident a causé la mort du caporal-chef Matthew Cousins, des sous-lieutenants Abbigail Cowbrough et Matthew Pyke et des capitaines Kevin Hagen, Brenden MacDonald et Maxime Miron-Morin.  

La mère de ce dernier, Marie-Claude Miron, se demande pourquoi les hélicoptères Cyclones, qui ne font des missions que depuis 2018, ont repris l’air à peine deux mois après l’écrasement en mer Ionienne alors qu’à ce jour, l’enquête n’est pas terminée.  

Mme Miron a eu l’impression que son fils Maxime avait donné sa vie pour tester un appareil. 

 Les hélicoptères Cyclone sont habituellement placés à bord de frégates afin de participer à des opérations de recherche et de surveillance et pour aider à repérer des sous-marins.  

Le lieutenant-général Meinzinger croit que l’enquête sur la tragédie du 29 avril 2020 sera bientôt complétée et assure que les familles des victimes seront alors informées de ce qui s’est passé. Il fait remarquer que depuis cet incident, les hélicoptères Cyclone ont participé à une multitude de missions.  

Quant à l’atterrissage d’Halifax plus tôt ce printemps, le lieutenant-général Meinzinger affirme que le problème a été réglé et que l’appareil a pu reprendre ses vols.

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