Un enseignant ontarien qui ne voulait pas d’Afghans dans sa classe est suspendu

TORONTO — Un enseignant du secondaire en Ontario qui avait déclaré à un élève qu’il ne voulait pas d’Afghans dans sa classe a perdu sa certification pour une période de six mois.

Les dossiers du comité disciplinaire montrent que l’incident s’est produit il y a quatre ans dans une école du Conseil scolaire de Peel, à l’ouest de Toronto. Martin Bonello, qui enseigne depuis 2001, était professeur de techniques de construction. Selon un énoncé conjoint des faits, l’enseignant a dit à l’élève, devant tout le monde, qu’il ne voulait pas qu’il fasse exploser sa classe. «Pas d’Afghans ici!», a-t-il lancé.

L’élève, bouleversé, a quitté la salle de classe. Il a déclaré plus tard au directeur adjoint qu’il se sentait isolé. L’enseignant Bonello a été suspendu avec solde pendant l’enquête. Or, cette affaire n’était pas unique dans le dossier de l’enseignant. M. Bonello aurait aussi expulsé des élèves de sa classe sans explication, les laissant se promener sans surveillance.

L’enquête a également révélé de nombreux problèmes de santé et sécurité dans sa classe d’ébénisterie. En 2008, déjà, il avait reçu une lettre disciplinaire pour avoir laissé des étudiants sans surveillance et pour avoir omis de régler divers problèmes de sécurité dans l’atelier.

Le comité disciplinaire a finalement conclu que M. Bonello avait commis des fautes professionnelles et il a suspendu sa certification d’enseignant pour six mois, comme le recommandaient son avocat et son ordre professionnel. Il a également été condamné à suivre une formation particulière.

Cette suspension de six mois a déçu le Conseil national des musulmans canadiens. «Le fait qu’un enseignant puisse abuser ainsi d’un élève (racisé) et ne faire face qu’à une tape sur les doigts est une insulte à la notion de salles de classe sûres et inclusives», a soutenu Mustafa Farooq, directeur général de l’organisme. «La réalité, c’est que les remarques de M. Bonello ont dévasté l’élève.»

Le conseil scolaire avait d’abord congédié M. Bonello en octobre 2016, mais l’enseignant a ensuite été autorisé à offrir plutôt sa démission, après avoir déposé un grief.

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