Un espion australien mêlé au scandal du Timor-Leste évite la prison

CANBERRA, Australie — Un ancien espion australien a quitté le tribunal, vendredi, avec une sentence de trois mois de prison avec sursis pour sa tentative d’aider le Timor-Leste à prouver que l’Australie l’avait espionné au moment de négocier une entente de plusieurs milliards de dollars liée à l’exploitation d’hydrocarbures.

L’ancien agent de renseignements, connu sous le pseudonyme de Témoin K, et son avocat Bernard Collaery ont été accusés, en 2018, d’avoir conspiré en vue de transmettre des informations confidentielles au gouvernement du Timor-Leste.

L’ancien président du petit État d’Asie du Sud-Est, José Ramos-Horta, faisait partie d’un groupe de leaders exhortant l’Australie à mettre fin aux poursuites.

Le Témoin K a plaidé coupable, jeudi, dès le début des audiences prévues pour durer deux jours à la Cour des magistrats du Territoire de la Capitale australienne. Le public et les médias ont dû quitter la salle au moment des échanges sur les éléments de preuve classifiés.

Le juge Glenn Theakston a rendu sa décision et condamné le Témoin K à une sentence de trois mois d’emprisonnement avec sursis. Il devra également verser une caution de 1000$ (australiens) en gage de sa bonne conduite pour les douze prochains mois. En cour, le prévenu était caché derrière un écran noir tout au long des procédures.

En raison des accusations portées contre lui, l’ancien espion faisait face à une peine maximale possible de deux ans d’emprisonnement. Depuis que ce scandale a fait surface, la peine maximale pour ce genre de crime a été bonifiée à 10 ans.

Le gouvernement australien a refusé de commenter les allégations selon lesquelles le Témoin K aurait dirigé une opération de renseignement ayant mis sous écoute des bureaux du gouvernement du Timor-Leste, en 2004, durant les négociations sur le partage des redevances liées à l’exploitation d’hydrocarbures provenant de forages en mer entre les deux États.

Le gouvernement australien avait suspendu le passeport de l’ex-espion avant que celui-ci ne puisse se rendre à La Haye, en 2014, pour témoigner devant la Cour permanente d’arbitrage en faveur du Timor-Leste qui contestait la validité du traité signé entre les deux pays en 2006.

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