Un étudiant noir de Toronto poursuit la police pour agression et détention illégale

TORONTO — Un homme noir poursuit la police de Toronto, alléguant que des policiers l’ont jeté au sol, lui ont pressé un genou contre le cou et l’ont atteint à plusieurs reprises avec un pistolet à impulsion électrique, alors qu’il était immobilisé et détenu — à tort.

Sa famille a déclaré lundi que cette affaire mettait en lumière l’usage disproportionné de la force contre les Noirs à Toronto et le profilage racial continu par les policiers de la métropole.

Dans sa demande introductive d’instance, déposée en Cour supérieure de l’Ontario, Hasani O’Gilvie, âgé de 27 ans, soutient qu’il a été agressé par trois policiers de Toronto devant une épicerie de North York, alors qu’il se rendait à ses cours à l’Université de Toronto, en août 2021.

La plainte allègue que M. O’Gilvie n’a été libéré qu’une fois que des policiers ont fouillé son sac et trouvé une pièce d’identité prouvant ce qu’il clamait depuis le début de son interpellation.

M. O’Gilvie et sa famille réclament plus d’un million de dollars en dommages et intérêts. La réclamation indique que l’homme continue de souffrir de graves traumatismes émotionnels et psychologiques à la suite de l’agression présumée, qui lui a laissé des cicatrices au visage et des blessures au haut du corps.

Le Service de police de Toronto indique qu’il ne fera aucun commentaire, car l’affaire est devant les tribunaux. L’Association des policiers de Toronto explique de son côté que les agents ne feront aucun commentaire, car l’affaire est devant un comité de déontologie.

L’avocat du plaignant, David Shellnutt, estime qu’il s’agit là «d’un cas où quelqu’un est agressé pour avoir marché alors qu’il était noir (…) et qu’il ressemblait à quelqu’un que la police prétendait rechercher».

Erreur sur la personne

Selon la plainte contre les trois policiers, qui avait été déposée en fait en juin dernier, et qui n’a pas encore été testée devant le tribunal, M. O’Gilvie a décliné son identité à un policier qui l’avait interpellé pour lui poser des questions après l’avoir suivi dans une ruelle près de l’épicerie. Selon la plainte, le policier ne l’aurait pas cru et aurait dégainé un pistolet à impulsion électrique peu de temps avant l’arrivée de deux autres collègues.

M. O’Gilvie a levé les mains et s’est conformé aux sommations, mais les policiers l’auraient plaqué au sol, selon la plainte. Un des policiers lui aurait ensuite appliqué un genou sur son cou et l’aurait atteint à plusieurs reprises avec un pistolet à impulsion électrique, alors que M. O’Gilvie «était maîtrisé, au sol, n’offrait aucune résistance, et alors que des contraintes étaient appliquées», selon la plainte.

«Indépendamment de l’identité erronée de la personne que (les policiers) recherchaient, cette affaire s’est soldée par un jeune étudiant de l’Université de Toronto avec un genou sur le cou, la même manœuvre qui avait tué George Floyd tout juste un an auparavant, a déclaré lundi Me Shellnutt. Et le plus stupéfiant, c’est qu’il a été visé par un pistolet à impulsion électrique à plusieurs reprises, par le même policier — c’est inacceptable.» 

M. O’Gilvie, qui n’est retourné depuis à l’université que la semaine dernière, n’était pas en état de prendre la parole lors de la conférence de presse de lundi, a déclaré sa famille.

Son avocat a expliqué lundi que la famille avait décidé d’aller de l’avant avec la poursuite au civil en dommages et intérêts après le peu de succès obtenu dans leurs démarches auprès des autorités concernées. 

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