Un forcené qui s’oppose aux mesures sanitaires se rend aux policiers

LÉVIS, Qc — Bruno Roy, un homme d’affaires de Lévis, s’est rendu après avoir tenu vendredi les policiers en haleine pendant plusieurs heures. L’homme affirmait être armé et s’était donné pour mission de défier les règles sanitaires.

«Il a accepté sa reddition pacifiquement vers 11 h 25» a déclaré la porte-parole de la Sûreté du Québec, Béatrice Dorsainville.

Dans les derniers jours, l’homme d’affaires a publié plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux dans lesquelles ils indiquaient qu’il était déterminé à tenir tête au gouvernement concernant les mesures sanitaires et qu’il défendrait son droit d’organiser des rassemblements dans le temps des fêtes.

Dans une vidéo publiée jeudi, Bruno Roy va plus loin, en indiquant qu’il a décidé d’organiser un rassemblement de plusieurs personnes dans sa maison le soir même, et que les autorités ne pourraient pas l’empêcher de le faire.

Toujours dans cette vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux, l’homme a exhibé une arme en expliquant qu’il comptait défendre sa maison.

Jeudi soir, des policiers du Service de police de la Ville de Lévis (SPVL) et de la Sûreté du Québec (SQ) se sont rendus devant une résidence de la rue Coutances où l’homme s’est barricadé jusqu’à vendredi matin.

Joint au bout de fil par La Presse Canadienne jeudi soir, Bruno Roy a expliqué qu’il avait en sa possession une carabine pour la chasse, mais qu’il ne comptait pas l’utiliser si les policiers ne pénétraient pas dans sa demeure.

«J’ai une carabine de chasse chez nous, pour défendre ma propriété, mais pas pour causer un malheur», a-t-il déclaré avant d’ajouter qu’il n’avait «pas l’intention de blesser personne» et qu’il «était calme» dans sa cuisine.

«Moi je veux montrer aux Québécois qu’ils n’ont pas le droit de nous empêcher de fêter Noël chez nous» a indiqué monsieur Roy sur un ton posé.

«Je ne causerai rien d’irréversible tant que les autorités n’auront pas assez l’arrogance d’entrer chez moi». Il a également affirmé qu’il était accompagné, sans préciser le nombre de personnes sur place et leurs identités, mais la SQ a déclaré, vendredi matin, que rien n’indiquait que d’autres personnes se trouvaient sur les lieux.

Des propos conspirationnistes

Dans la conversation avec La Presse canadienne, l’homme a indiqué qu’il croyait que le nombre de morts liés à la COVID-19 était «gonflé» et que les médias ainsi que le gouvernement étaient complices d’un crime contre l’humanité.

«Moi, je dis non monsieur Legault, non monsieur Arruda, vous n’allez pas m’empêcher de fêter Noël», a-t-il répété en entrevue au téléphone.

Après la reddition de l’homme, la porte-parole de la Sûreté du Québec, Béatrice Dorsainville, a indiqué qu’il était «trop tôt pour déterminer les accusations qui seront portées contre lui.»

Le Service de police de la Ville de Lévis doit interroger vendredi après-midi Bruno Roy. Une perquisition devrait être effectuée dans sa demeure.

Des résidences du secteur avaient été évacuées et un large périmètre de sécurité avait été érigé.

Des pertes de «135 000$»

Bruno Roy, un producteur de bleuets, avait touché beaucoup de Québécois l’été dernier lorsqu’il avait permis l’accès gratuit à ses champs.

Il avait raconté à plusieurs médias qu’il n’avait pas pu trouver la main-d’œuvre nécessaire pour faire rouler sa bleuetière en raison de la pandémie.

«Ce sera environ 135 000 $ que le propriétaire laissera dans les champs cette année, on parle d’environ 50 000 livres de bleuets», avait rapporté Le Soleil.

«On aurait fini par donner les bleuets de toute façon. Je ne voulais pas perdre la moitié de la cueillette. Je vais passer au travers et l’année prochaine on va revenir plus fort. On est tous gagnants!» avait déclaré Bruno Roy à la journaliste du Soleil.

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