Un grand cercle pour inclure les Autochtones dans l’économie nationale

MONTRÉAL — «Ce Grand cercle n’est pas une finalité, mais un début de mouvement pour la pleine participation des Nations autochtones à notre économie», a déclaré jeudi le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, dans son discours d’ouverture d’un grand événement de réseautage entre de nombreux entrepreneurs et chefs autochtones, leaders d’affaires et députés.

Le Grand cercle économique des Peuples autochtones et du Québec, une initiative de l’APNQL et du gouvernement provincial, a aussi été lancé par le ministre des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, qui s’est réjoui d’une occasion «incroyable» pour «établir un plan pour le futur».«Dans les deux prochains jours, je vous invite à travailler ensemble pour trouver des pistes de solution pour que la part économique qui revient aux Premières Nations soit vraiment bien faite et soit faite ensemble.»

La salle de conférence de l’hôtel Centre Sheraton était remplie, les participants déjà pleinement occupés à échanger entre eux avant les discours.

Le chef Picard a cité la riche tradition de commerce entre les Premières Nations avant l’arrivée des Européens et «la destruction de nos économies». «Ce que nous annonçons est ni plus ni moins qu’une véritable révolution (…) et souhaitons que cette révolution ne soit pas tranquille.»

Dans le cadre de l’événement, «les entreprises et organisations du Québec sont invitées à prendre des engagements publics pour une meilleure inclusion des Peuples autochtones dans l’économie», indique le site internet.

Retrouver le cercle

Le chef Picard a aussi tenu à «s’attaquer à l’éléphant dans la pièce», soit l’enjeu des territoires non cédés. «Je veux réitérer notre détermination à faire respecter nos droits, nos territoires ancestraux et notre autonomie gouvernementale», a-t-il soutenu.

«Le territoire est la base de la richesse dans cette province», a renchéri la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations, RoseAnne Archibald. «Les peuples qui sont les gardiens légitimes de cette terre sont les Premières Nations (…). Elles doivent prendre une place centrale dans la discussion.»

Elle a ajouté que «la pandémie a exposé les inégalités auxquelles font face les Premières Nations, et les injustices qu’elles ont subies». Du même souffle, elle a abordé «le deuil de milliers de nos petits-enfants qui n’ont jamais retrouvé le chemin de la maison», après être décédés dans les pensionnats. Il faut «soutenir notre prochaine génération d’enfants» pour qu’ils aient un meilleur futur, a-t-elle conclu.

Le cercle, dans les traditions autochtones, représente «quelque chose de sacré», soit «la relation qui lie tout ce qui constitue notre monde (…), notre interdépendance et notre responsabilité envers la plus petite des plantes et le plus petit des animaux», a expliqué le chef Picard. Il a dit espérer que  les discussions et les occasions d’affaires qui naîtront de l’événement seront un pas vers un rétablissement du cercle, brisé par la colonisation.

Le Grand cercle se poursuivra vendredi, avec de nombreuses activités et panels. 

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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