Un groupe demande à Ottawa de financer la recherche sur la marijuana médicinale

TORONTO – Un groupe de médecins, de patients, d’organismes de charité et de scientifiques enjoint à Ottawa d’investir 25 millions $ au cours des cinq prochaines années dans la recherche sur l’effet sur la santé et les bénéfices thérapeutiques potentiels de la marijuana médicinale.

Dans un rapport dévoilé mercredi, la Table ronde sur la recherche sur le cannabis médicinal a fait ressortir le manque de recherche fiable et revue par les pairs, faite au Canada, sur la marijuana comme traitement potentiel pour une gamme de maladies et de conditions.

Alors que le Canada entame un débat au sujet de la légalisation de la marijuana récréative, il ne faut pas perdre de vue le besoin d’investir dans la science médicale et de réaliser des essais cliniques adéquats pour mieux comprendre les impacts et les effets du cannabis médicinal, a soutenu dans une déclaration le président de la Table ronde, Jason McDougall, un professeur de pharmacologie et d’anesthésie à l’Université Dalhousie, à Halifax.

Il ajoute que les médecins et les patients demeurent avec une incertitude au sujet des bénéfices thérapeutiques possibles du cannabis médicinal et particulièrement envers son potentiel d’apporter un certain soulagement à ceux qui vivent avec de la douleur chronique.

Le groupe a identifié trois priorités pour le financement.

D’abord, certains aspects scientifiques de base devraient être étudiés, estime-t-il, afin d’avoir une meilleure compréhension de l’impact du cannabis médicinal sur la progression des maladies, sur son fonctionnement physiologique et sur la façon dont il est traité par le corps.

Il y aurait également besoin d’évaluer certains aspects de la science clinique, soit des études analysées par des pairs qui se concentrent sur la sécurité, l’efficacité, le dosage et l’administration de la marijuana médicinale.

Finalement, selon le groupe, des études seraient nécessaires au niveau des politiques et des soins de santé pour explorer certains problèmes tels que l’accès équitable au cannabis médicinal, la gestion et la mise en marché de la marijuana médicinale dans un contexte de légalisation, le transfert des connaissances au sujet des produits aux fournisseurs de santé et au public, et les impacts sociaux et économiques.

La Société de l’arthrite, un membre du groupe, a aussi annoncé la création d’une subvention d’au moins 120 000 $ pour la recherche sur les effets de la marijuana médicinale.

L’organisme de charité double aussi son engagement envers la recherche sur le cannabis médicinal pour le porter à 720 000 $ au cours des trois prochaines années.

Des patients avec des conditions médicales chroniques qui cherchent une forme de soulagement font face à des barrières en raison du manque de recherche médicale sur le cannabis, a déclaré la présidente-directrice générale, Janet Yale.

L’élection d’un nouveau gouvernement qui a donné son soutien à la science et aux politiques publiques basées sur la science créé des occasions idéales pour s’engager envers une compréhension rigoureuse du cannabis médicinal sur laquelle on aurait dû compter depuis longtemps, a-t-elle poursuivi.