Un groupe exige la régularisation des sans-papiers canadiens par le Cabinet fédéral

MONTRÉAL — À l’aube d’un éventuel programme massif de régularisation à travers le Canada, des manifestants se sont présentés au bureau de circonscription de Montréal du premier ministre Justin Trudeau afin de réclamer un statut complet et permanent pour l’ensemble des personnes sans papiers et des migrants détenant un statut temporaire.

Organisé par le réseau de justice migrante Solidarité sans frontières, l’événement visait à faire pression sur M. Trudeau, qui avait expressément demandé au ministre de l’Immigration en décembre 2021, dans sa lettre de mandat, de poursuivre l’exploration de moyens pour régulariser le statut des travailleurs sans papiers.

Bien qu’il n’y ait pas de chiffres précis qui déterminent le nombre de migrants sans papiers au Canada, les estimations du Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration (CIMM) varient entre 20 000 et 500 000 personnes.

Samira Jasmin, porte-parole de l’organisme Solidarité sans frontières, s’est adressée directement aux ministres du Cabinet fédéral, les urgeant de «soutenir le programme de régularisation».

«Nous sommes des êtres humains qui ont le droit de vivre au Canada dans la dignité, et nous avons besoin d’un programme de régularisation maintenant», a-t-elle déclaré lors d’une allocution devant les participants et les médias.

Elle a ensuite interpellé le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, en soulignant que la lutte des personnes sans papiers faisait partie d’une lutte anticoloniale qui allait de pair avec les revendications des communautés autochtones au Canada.

Mme Jasmin a conclu son message aux ministres en les invitant à une assemblée d’immigrants à Ottawa au cours du mois de novembre pour discuter d’un programme «inclusif, sans exception et sans discrimination».

Safa Chebbi, conférencière et formatrice sur les enjeux des inégalités raciales, a affirmé en entrevue que ce programme de régularisation pourrait envoyer un message d’inclusion à la communauté internationale, et qu’il suffisait d’une «volonté politique» de la part du Cabinet fédéral pour y arriver.

«M. Trudeau pourrait même faire mieux que son père en instaurant un programme plus large, qui n’exclut personne et qui ne laisse personne derrière», a-t-elle ajouté.

Dans le cadre du rassemblement, la caravane a aussi prévu des arrêts devant les bureaux de circonscription de David Lametti, Marc Miller, Mélanie Joly, Pablo Rodriguez et Steven Guilbeault, les cinq ministres fédéraux ayant un siège à Montréal.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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