Un groupe sikh fait pression sur Ralph Goodale

OTTAWA — Un groupe canadien qui prône la création d’un État sikh indépendant en Inde affirme que le gouvernement fédéral met en péril tous les Canadiens sikhs en considérant l’extrémisme sikh comme l’une des cinq principales menaces terroristes du pays.

«Sikhs for Justice» lance une campagne de publipostage de masse à l’intention des députés d’ici à l’élection fédérale de cet automne, afin de demander aux libéraux d’annuler toutes les mentions de groupes terroristes sikhs dans le rapport de 2018 sur les menaces au Canada.

Un demi-million de Canadiens se disent sikhs et vivent dans plusieurs circonscriptions, en particulier dans la région du Grand Toronto et de la banlieue de Vancouver, où la question pourrait jouer un rôle dans les résultats des élections.

Gurpatwant Singh Pannun, le conseiller juridique de Sikhs for Justice, affirme que le gouvernement ne dispose d’aucune preuve et ne peut citer aucun incident d’extrémisme sikh au Canada autre que l’attentat à la bombe de 1985 dirigé contre un vol d’Air India.

Dans une lettre adressée cette semaine au ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale et au premier ministre Justin Trudeau, M. Pannun écrit que la mention de l’extrémisme sikh dans le rapport, conjuguée au manque de soutien du gouvernement à la revendication d’un Khalistan libre, envoie le message que le gouvernement pense que les Khalistanais sont des terroristes.

M. Goodale a déclaré l’année dernière que son ministère examinerait le libellé utilisé dans le rapport pour s’assurer qu’il n’assimilait pas des religions entières à l’extrémisme.