Un groupe veut effacer le nom d’un homme ayant discriminé les Juifs en Montérégie

MONTRÉAL — Un homme ayant décrété une interdiction perpétuelle de vente ou de location sur un large territoire à toute personne de confession juive devrait voir son nom retiré de la rue et du parc désignés en son honneur, a affirmé mardi un groupe de défense des droits des Juifs, dans un appel public à la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie.

David Ouellette, du Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), a déclaré que feu Alphonse Waegener ne méritait pas d’être honoré à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il a été récemment révélé que dans les années 1960, M. Waegener avait enregistré des conditions pour les lots sur ses terres interdisant leur vente aux Juifs.

Un juge de la Cour supérieure a révoqué ces conditions en novembre après leur découverte lors d’une procédure judiciaire impliquant la demande d’un promoteur de construire sur le terrain.

Le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Alain Laplante, a déclaré mardi qu’il était courant dans les années 1960 que les rues et les parcs de sa ville portent le nom des propriétaires de terrains adjacents et que cela ne constituait pas nécessairement une célébration des valeurs du propriétaire.

M. Laplante affirme que la Ville ne veut prendre aucune mesure précipitée et qu’elle consultera les résidants de cette rue avant de décider d’un éventuel changement de nom.

Le maire a estimé que les conditions de vente ou de location établies par M. Waegener étaient illégales «et complètement discriminatoires et illogiques».

«C’est aberrant comme situation», a affirmé M. Laplante en entrevue. «Ce nom a (été) perpétué dans le temps. Il n’y a pas eu d’analyse de faite quant à ses valeurs et ses positions antisémites», a-t-il expliqué.

En entrevue avec La Presse canadienne, mardi, M. Ouellette a affirmé qu’en prenant connaissance des propos du fils d’Alphonse Waegener rapportés dans le quotidien «La Presse» plus tôt dans la journée, son organisation avait senti qu’elle devait se manifester.

L’article citait Louis Waegener, 99 ans, affirmant: «Mon père s’adonnait avec tout le monde, mais vous voyez, les Juifs, ils deviennent maîtres un peu dans tout. C’est ça qu’il n’aimait pas. Il avait des amis juifs. Il ne voulait pas qu’il y ait de trouble avec les Canadiens.»

M. Ouellette a déclaré que lui et ses collègues du CIJA étaient «abasourdis» après avoir lu les propos de Louis Waegener, qui, selon eux, légitimaient les exigences sur la vente ou la location «en disant que les Juifs s’emparaient de tout».

Les tentatives de La Presse canadienne de joindre Louis Waegener sont restées vaines, mardi.

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