Un haut fonctionnaire de l’administration Trump a consulté des climatosceptiques

WASHINGTON — Un responsable de l’administration de Donald Trump en matière de sécurité nationale a sollicité l’aide de conseillers oeuvrant auprès d’un groupe de réflexion climatosceptique afin de contester des conclusions scientifiques largement acceptées sur le réchauffement planétaire.

Selon des courriels obtenus en vertu de la loi fédérale sur l’accès à l’information, William Happer, un membre du Conseil de sécurité nationale des États-Unis, a demandé le soutien de conseillers du Heartland Institute, qui nie que les émissions provenant de la combustion de charbon, de pétrole et de gaz endommagent l’atmosphère de la Terre.

Les courriels, obtenus par l’Environmental Defence Fund et relayés à l’Associated Press, datent de 2018 et de 2019.

Des experts universitaires et de grandes organisations scientifiques américaines dénoncent cette correspondance électronique.

«Ces personnes nous mettent tous en danger en faisant la promotion de l’anti-science, au service des intérêts de l’industrie des combustibles fossiles et au détriment des intérêts américains», s’est indigné le climatologue Michael Mann, de l’université d’État de Pennsylvanie.

M. Happer, un physicien qui enseignait auparavant à l’Université de Princeton, a déjà affirmé que le dioxyde de carbone est bon pour les humains et que ses émissions ont été diabolisées comme «les pauvres Juifs sous Hitler». Donald Trump l’a nommé au Conseil de sécurité nationale à la fin de l’année dernière, afin qu’il l’assiste sur des questions de sécurité et de politique étrangère.

«Nous craignons qu’un membre du Conseil de sécurité nationale ne tente d’influencer et de nuire à la capacité de la NASA — une agence scientifique fédérale — de communiquer correctement des conclusions de recherches sur la climatologie», a déclaré Rush Holt, le président et directeur général de l’Association américaine pour l’avancement des sciences, la plus grande société scientifique générale au monde.

Des centaines d’évaluations scientifiques exhaustives ont été effectuées par des chercheurs et des institutions de renommée au cours des dernières décennies et celles-ci sont «extrêmement crédibles et et résistent couramment à des examens approfondis», a renchéri Keith Seitter, directeur exécutif de la Société météorologique américaine. «Les efforts visant à publiquement écarter ou discréditer ces évaluations scientifiques rigoureuses causent un tort incroyable à la population».

Le Conseil de sécurité nationale a refusé de rendre M. Happer disponible pour une entrevue.

Les plus populaires