Un haut responsable de la GRC voulait garder secrète une note interne sur le tireur

HALIFAX — Un sous-commissaire de la GRC a déclaré vendredi à la commission d’enquête qu’en mai 2020, moins d’un mois après qu’un homme armé a tué 22 personnes en Nouvelle-Écosse, il s’était opposé à informer le public qu’un bulletin de sécurité de la police avait déclenché des signaux d’alarme concernant le tireur neuf ans avant la tuerie.

Le sous-commissaire Brian Brennan, le deuxième officier le plus haut gradé de la GRC, a confirmé qu’un autre officier supérieur avait suggéré lors d’une réunion que le bulletin soit partagé avec le public, mais qu’il avait lui-même rejeté l’idée.

Le bulletin avait été distribué à tous les corps policiers de la province le 4 mai 2011, après qu’un agent du service de police de Truro eut appris d’une source que Gabriel Wortman voulait «tuer un flic» et qu’il était possiblement en possession d’au moins une arme de poing et de plusieurs longs fusils.

L’avertissement interne n’a été rendu public que le 29 mai 2020, lorsque CBC News a obtenu le document par l’entremise d’une demande d’accès à l’information.

Le bulletin a confirmé que les forces policières à travers la Nouvelle-Écosse savaient que Gabriel Wortman pouvait être dangereux neuf ans avant la fusillade, même si la GRC avait affirmé peu de temps après les meurtres qu’il n’était pas connu de la police.

Vendredi, M. Brennan a mentionné à la commission d’enquête que le bulletin n’aurait pas dû être rendu public, car on ne savait pas quel impact il aurait sur la GRC, ajoutant que la GRC voulait d’abord parler à la police de Truro.

«Quand ils nous ont dit qu’ils voulaient publier cette information, je voulais comprendre dans quel but. Je voulais qu’on évalue quel message nous voulions transmettre à la population avec ce bulletin. En plus, nous n’étions pas les auteurs originaux», a témoigné M. Brennan.

De plus, M. Brennan savait que le bulletin serait publié un jour ou l’autre dans le cadre d’une enquête sur les événements.

«Il y avait d’autres moments plus propices à la publication de ce document, a-t-il estimé. Je me rappelle avoir mentionné qu’il était peut-être mieux pour la GRC de consulter les autres corps de police afin de tous être sur la même longueur d’onde.»

L’année dernière, le chef de la police de Truro, David MacNeil, a déclaré aux enquêteurs que peu de temps après la fusillade de masse, il avait participé à un appel avec des officiers supérieurs de la GRC qui, selon lui, l’avaient «poussé» à ne pas rendre public le bulletin de sécurité.

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