Un homme de Gatineau arrêté pour un meurtre survenu en Alberta il y a 16 ans

Un homme de Gatineau accusé du meurtre d’une jeune femme survenu il y a 16 ans en Alberta prévoit plaider non coupable, car il dit n’avoir «rien à voir» avec le drame, selon son avocat.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a annoncé lundi que Stéphane Parent avait été accusé de meurtre non prémédité relativement à la mort d’Adrienne McColl, 21 ans, en février 2002.

Le surintendant Garrett Woolsey a affirmé que M. Parent, âgé de 49 ans, avait été arrêté chez lui, à Gatineau, samedi. L’individu vivait entre le Québec et l’Ontario depuis la mort de la jeune femme, selon la police.

La victime était disparue autour de la Saint-Valentin, et son corps avait été trouvé trois jours plus tard sur une terre agricole près de Nanton, à 85 kilomètres au sud de Calgary.

April Hall, une amie proche d’Adrienne McColl, a indiqué qu’elles travaillaient avec M. Parent au défunt bar Studio 82 de Calgary, au moment où la victime est disparue. Selon ses dires, Mme McColl et M. Parent entretenaient une relation amoureuse instable.

L’avocat de la victime, Jean-Pierre Rancourt, a déclaré en entrevue que son client était très surpris d’avoir été arrêté et qu’il prévoyait plaider non coupable.

«Il m’a dit qu’il n’avait rien à faire avec ça», a-t-il déclaré à La Presse canadienne.

M. Parent a confié à son avocat qu’il avait été arrêté il y a huit ans relativement à cette affaire, mais qu’il avait été relâché quelques heures plus tard, pour des raisons qu’il ignore, selon Me Rancourt.

«Il était surpris de voir qu’on revenait à la charge et qu’on l’arrêtait encore pour la même chose», a-t-il indiqué en entrevue téléphonique.

Me Rancourt n’était pas en mesure de donner des détails sur la nature de la relation entre son client et la victime.

Stéphane Parent a comparu par vidéoconférence devant une juge de Montréal, qui lui a ordonné de se présenter devant un tribunal de Calgary. Il devait comparaître là-bas lundi après-midi.

Selon Me Rancourt, son client devrait demander d’être libéré sous caution, et le fait que l’événement se soit produit il y a 16 ans pourrait l’aider.

«Il doit faire une requête pour montrer au juge qu’il peut être remis en liberté en toute sécurité. Alors il y a une possibilité que ça arrive, parce que c’est un événement qui est arrivé il y a 16 ans, et il ne s’est pas sauvé de la justice du tout», a-t-il expliqué.

Période difficile pour les proches

Selon April Hall, les proches de la jeune femme ont vécu des années difficiles en attendant l’arrestation d’un suspect, et ils ressentent aujourd’hui de la joie, de la colère et de la peine en même temps.

«Je ne croyais jamais que ce jour arriverait. C’est incroyable, a-t-elle témoigné. Ça a tellement été long. Nous avons tellement attendu pour ça.»

Il y a quelques jours, la GRC avait diffusé un communiqué de presse mentionnant que de nouvelles technologies avaient permis de tirer de nouveaux renseignements des éléments de preuve liés à ce meurtre.

Les membres du Groupe des crimes majeurs de la GRC ont alors ajouté qu’ils étaient convaincus d’être sur le point d’appréhender quelqu’un pour le meurtre de Mme McColl.

Une enquête était en cours depuis la découverte du corps de la victime, selon la GRC.

Dans les dernières années, April Hall affirme avoir vécu plusieurs fausses joies par rapport à l’enquête. Il y a quatre ans, un policier lui avait téléphoné et avait suggéré qu’une arrestation viendrait bientôt, mais rien n’était arrivé.

«Je suis tellement bouleversée en ce moment, je ne sais pas quoi penser.»