Un homme arrêté pour des menaces contre les maires Labeaume et Sévigny

SHERBROOKE, Qc – Un homme de Québec âgé de 57 ans a été arrêté tôt jeudi pour avoir supposément proféré des menaces à l’endroit des maires de Québec et de Sherbrooke, et contre des mosquées de la région de Sherbrooke.

La police de Sherbrooke allègue que l’homme a menacé le maire de la ville, Bernard Sévigny, de même que le maire de Québec, Régis Labeaume, alors qu’ils assistaient à un match de hockey, mercredi soir, dans une loge du Palais des sports Léopold-Drolet de Sherbrooke. Les deux maires ont été escortés hors de l’aréna.

La police a aussi affirmé que plus tard, le suspect, Réjean Hurdle, a menacé de s’en prendre à des mosquées de la région de Sherbrooke. Il a résisté à son arrestation, dans l’est de la ville, et aurait frappé des policiers.

Jeudi, au palais de justice de Sherbrooke, M. Hurdle a été accusé sous trois chefs relativement à son arrestation — soit d’avoir résisté à deux agents de la paix, d’avoir sciemment proféré des menaces de causer la mort ou des lésions contre ces deux agents, et d’avoir exercé des voies de fait à l’encontre d’un troisième policier.

La juge de la Cour du Québec a ordonné un examen de l’accusé par le département de psychiatrie légale du Centre hospitalier de l’Université de Sherbrooke (CHUS) jusqu’au 16 février, date de sa prochaine comparution devant le tribunal.

L’enquête est toujours ouverte concernant les menaces qui auraient été faites à l’endroit des maires de Québec et de Sherbrooke et contre des mosquées, a indiqué la procureure aux poursuites criminelles, Isabelle Dorion.

«Nos patrouilleurs ont vu et même entendu le suspect parler au cellulaire en direct avec la centrale 9-1-1, et à ce moment-là l’homme émettait aussi des propos menaçants envers les mosquées de Sherbrooke, alors vous comprendrez qu’on est intervenu très rapidement», a indiqué le porte-parole de la police de Sherbrooke, Martin Carrier.

Tolérance zéro

En conférence de presse, M. Sévigny a dit ne pas avoir eu l’impression que sa vie pouvait être en danger, parlant d’un déploiement «rassurant» des forces policières.

«Il n’y a pas eu de panique, parce que l’on comprenait la situation, et le climat bien évidemment des dernières semaines. On a suivi les conseils des policiers et on a quitté tranquillement», a relaté le maire de Sherbrooke.

«Les gens qui vont faire ce type de menaces-là, c’est tolérance zéro. On va réagir rapidement et on va déployer les effectifs qu’il faut, et c’est ce qu’on a fait», a-t-il ajouté.

M. Labeaume a été très présent dans la sphère publique dans la foulée de l’attaque contre une mosquée de Québec ayant fait six morts. Il a pris la parole lors des deux services funéraires publics pour les victimes et était visiblement ému en discutant de la nécessité de tisser les liens avec la communauté musulmane.

Les forces policières ont dit avoir constaté une augmentation des signalements de crimes haineux depuis l’attentat à Québec.

En raison de la nature des menaces, la police de Sherbrooke a fait part des événements à l’Équipe intégrée de la sécurité nationale de la Gendarmerie royale du Canada.

La police assure que malgré la présence de nombreux policiers à l’aréna, le match de la Ligue de hockey junior majeur du Québec opposant les Remparts de Québec au Phoenix de Sherbrooke a pu se poursuivre normalement et que la sécurité des spectateurs n’a pas été compromise.

Le maire Labeaume était à Sherbrooke pour rencontrer son homologue, qui est aussi président de l’Union des municipalités du Québec.