Un homme de la C.-B. de retour de Chine aurait contracté le coronavirus

VANCOUVER — Des responsables de la santé publique en Colombie-Britannique ont annoncé mardi l’apparition très probable d’un troisième cas au pays du nouveau coronavirus qui a déjà fait plus d’une centaine de morts en Chine.

Bonnie Henry, directrice de la santé publique en Colombie-Britannique, a précisé mardi qu’un deuxième test sera effectué au Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg; les résultats sont attendus d’ici deux jours. Un premier cas avait été confirmé lundi, en Ontario, et les autorités attendent la confirmation du laboratoire de Winnipeg concernant la conjointe de ce Torontois. Le couple était rentré de Chine la semaine dernière.

Le troisième cas présumé, un homme de la région de Vancouver, était lui aussi rentré la semaine dernière d’un voyage d’affaires en Chine, notamment à Wuhan, épicentre de l’épidémie. Il a commencé à présenter des symptômes environ 24 heures après son arrivée au Canada et il s’est volontairement isolé à son domicile avant d’appeler une clinique, a indiqué la docteure Henry en conférence de presse mardi à Vancouver. 

L’homme, qui n’est pas hospitalisé, se porte bien à la maison et aucun membre de sa famille n’a montré de symptômes jusqu’ici — ils sont étroitement surveillés par la santé publique, a ajouté Mme Henry. «Compte tenu des antécédents de voyage et des contacts que cet homme a eus à Wuhan — des gens qui présentaient des symptômes —, nous sommes convaincus qu’il s’agit d’un cas avéré de ce nouveau coronavirus.»

Le patient a passé la majeure partie de son voyage en Chine dans la ville de Guangzhou et a visité Wuhan, où des millions de personnes ont été mises en quarantaine. Le nombre de cas en Chine est passé à près de 6000, mardi. Les autorités chinoises rapportent qu’au moins 106 personnes sont mortes du nouveau virus qui serait originaire d’un marché de Wuhan, où de la viande était vendue aux côtés d’animaux vivants.

L’homme rentré à Vancouver a contacté dimanche des services de santé de première ligne pour dire qu’il s’était rendu à Wuhan. Il n’avait présenté aucun symptôme dans l’avion, a déclaré Mme Henry, qui s’attend à voir d’autres cas en Colombie-Britannique. Elle prévient toutefois que le risque de propagation du virus demeure faible.

«Nous devons nous méfier des rumeurs et des informations de troisième et de quatrième main», a-t-elle déclaré, ajoutant que les gens devraient s’informer auprès de sources crédibles. «J’étais sur le terrain à Toronto pendant l’épidémie de SRAS et ce qui m’inquiète, c’est la facilité avec laquelle ces rumeurs peuvent conduire à de la discrimination, une discrimination inappropriée contre des gens, et je pense que nous devons prendre toutes ces rumeurs avec un grain de sel et reconnaître qu’elles ne sont que des rumeurs.»

Le ministre de la Santé de la Colombie-Britannique, Adrian Dix, a rappelé que les médias sociaux permettaient aux rumeurs de se propager rapidement, ce qui n’était pas le cas en 2003 lors de l’épidémie de SRAS, qui avait fait 44 morts au Canada. Il a par ailleurs précisé que cette fois-ci, de nombreux systèmes sont en place pour se préparer aux maladies infectieuses, les détecter et y répondre rapidement.

Il reste à voir si ce coronavirus sera aussi dangereux que le virus de l’influenza, responsable de la «grippe commune», qui tue des milliers de personnes chaque année au Canada seulement.

Rapatriement de Canadiens?

Plusieurs pays rapatrient de Chine leurs ressortissants, alors que le nouveau virus se propage dans ce pays et au-delà, pour atteindre le Cambodge, le Japon, la Thaïlande, la Corée du Sud, le Sri Lanka, Taïwan, Singapour, la Malaisie, le Vietnam, le Népal, l’Australie, la France, l’Allemagne, les États-Unis et le Canada.

Ottawa n’a pas encore annoncé de tel plan de rapatriement. Mais le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a assuré mardi après-midi que les Canadiens coincés en Chine dans les zones en quarantaine ne seraient pas abandonnés à leur sort. Selon le ministre, 250 Canadiens se sont enregistrés en Chine et 126 ont fait appel aux services consulaires.

«Évidemment (là-dessus), il y a des cas qui sont différents les uns des autres, a-t-il dit en conférence de presse à Ottawa. On est en train de répertorier évidemment ce que les gens nous demandent, on est en train de regarder toutes les options qui ont été proposées, parler avec les autorités chinoises pour obtenir les autorisations qu’on a besoin, et ensuite on sera capable de vous dire exactement le plan qu’on mettra en place.»

Le gouvernement canadien a par contre mis à jour ses conseils aux voyageurs pour préciser que les citoyens devraient «éviter tout voyage» dans la province du Hubei; Ottawa avait précédemment conseillé d’«éviter tout voyage non essentiel» dans cette région.

Selon la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, il ne s’agit pas tant de contracter la maladie. «La quarantaine importante rend très difficiles les déplacements dans la région, a-t-elle précisé. Dix-huit villes chinoises sont coupées du monde et ce nombre pourrait augmenter.»

La ministre de la Santé a par ailleurs rappelé que le virus demeure à faible risque de se propager au Canada. Elle a aussi précisé que des responsables de la santé publique supplémentaires seront déployés dans les aéroports pour accueillir les passagers des vols chinois et s’assurer qu’ils comprennent les mesures à prendre s’ils éprouvent des symptômes.

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