Un violent incendie entraîne des dommages majeurs à Notre-Dame de Paris

PARIS — Un violent incendie a provoqué des dommages considérables à la célèbre cathédrale Notre-Dame de Paris.

L’incendie gigantesque qui a détruit la flèche de la cathédrale Notre-Dame s’est étendu à l’une des tours rectangulaires emblématiques de l’église.

En fin de soirée à Paris, le chef des pompiers Jean-Claude Gallet a annoncé que les deux tours étaient sauvées. Le travail des pompiers a permis d’enrayer la propagation sur le beffroi nord.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré que le pire avait été évité, «même si la bataille n’est pas encore totalement gagnée».

Vers 23 h 30 (heure de Paris), M. Macron a parlé d’un «terrible drame», et a eu une pensée «pour les sapeurs-pompiers qui se battront pendant des heures et des heures, voire des jours, avec courage et détermination».

Un trou laissé par la flèche brûlait toujours et des étincelles émanaient des plafonds voûtés de la cathédrale, plus de cinq heures après le début de l’incendie. M. Gallet a indiqué que les équipes de pompiers continueraient à travailler toute la nuit pour refroidir la structure.

Tard dans la nuit, des indices montraient que l’incendie touchait à sa fin, alors que des lumières en mouvement pouvaient être vues à travers les fenêtres de l’avant de la cathédrale, apparemment des enquêteurs inspectant les lieux.

Le président français, qui a reporté un discours télévisé en raison du spectaculaire brasier, s’est rendu sur les lieux.

«Je veux avoir un mot d’espérance. Cette espérance, c’est la fierté que nous devons avoir, la fierté (…) des soldats du feu qui se sont battus», a-t-il déclaré en point de presse.

«Cette cathédrale que nous avons su édifier et faire grandir, nous la rebâtirons. C’est le projet que nous aurons pour les années à venir. Je m’y engage. Nous ferons appel aux plus grands talents, et nous rebâtirons Notre-Dame, parce que c’est ce que les Français attendent, parce que c’est notre histoire, notre destin profond», a ajouté le président.

M. Macron a indiqué qu’il serait à la recherche d’aide à l’international. Le président a affirmé qu’une campagne de financement à l’échelle du pays serait lancée, mardi, et il a appelé à l’aide des «plus grands talents» dans le monde.

Opération délicate des pompiers

M. Gallet a affirmé qu’il s’agissait désormais surtout de refroidir les structures, un risque pesant encore sur l’échafaudage central.

Le général a parlé de «dégâts importants», et a indiqué que la toiture a été ravagée «sur les deux tiers». Il a fait état d’un «blessé sérieux».

Plus tôt, M. Gallet décrivait l’opération très délicate des sapeurs-pompiers.

«C’est une manoeuvre qui combine à la fois des moyens hydrauliques puissants à l’extérieur, et une manoeuvre à l’intérieur, pour lutter pied à pied, mètre après mètre, contre la propagation de cet incendie. Il fait nuit, les sapeurs-pompiers prennent des risques importants, par rapport aux risques d’effondrement, par rapport à la chute de plomb en fusion, et bien sûr, par rapport à l’affaiblissement de l’ensemble des structures», a expliqué le chef des pompiers.

Quelque 400 pompiers étaient sur les lieux.

La sécurité civile a expliqué que tout avait été mis en oeuvre pour combattre les flammes, à l’exception d’aéronefs, le largage d’eau sur l’édifice risquant de causer un effondrement de l’ensemble de la structure.

La piste criminelle écartée

L’incendie semblait provenir à l’origine de la flèche de la cathédrale médiévale, qui a finalement cédé sous les flammes. La cathédrale du XIIe siècle abrite plusieurs oeuvres d’art et est l’une des attractions touristiques les plus populaires de Paris.

D’après des médias français qui citent les pompiers de Paris, l’incendie serait «potentiellement lié» aux travaux de rénovation dans la flèche.

Le bureau des procureurs de Paris a affirmé que les enquêteurs abordaient l’incendie comme un accident. Le bureau a indiqué tard lundi que les enquêteurs ont écarté la piste criminelle, incluant des motifs liés au terrorisme.

L’enquête de la police s’orientera vers une «destruction involontaire causée par le feu».

Consternation et tristesse

Monseigneur Patrick Chauvet, recteur de Notre-Dame de Paris, a salué le courage des pompiers et exprimé sa consternation.

«Il faudra voir l’état des pierres, ce qu’il y a à démonter. On ne mesure pas les dégâts. Lorsque je regarde ça, je pleure. Je me sens presque mal», a-t-il confié, au côté de la mairesse de Paris, Anne Hidalgo.

Mme Hidalgo a parlé d’une «épreuve terrible».

«Il s’agit d’un lieu de foi pour les chrétiens et les catholiques, mais aussi un lieu qui symbolise Paris, un des lieux les plus visités. J’ai vu la fumée depuis l’hôtel de ville. On a alerté les pompiers», a indiqué la mairesse.

Elle a tout de même salué la «chaîne humaine qui s’est mise en place» — notamment pour sauver les oeuvres dans la cathédrale — et les «appels reçus du monde entier».

«Nous allons nous relever de cette épreuve», a-t-elle déclaré.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a témoigné sa solidarité envers le peuple français.

«Les terribles images qui nous proviennent de Paris me touchent profondément. Notre-Dame de Paris est un joyau! J’ai une pensée pour les Parisiens aujourd’hui et pour les pompiers qui combattent les flammes», a-t-il déclaré.

Le premier ministre Justin Trudeau a exprimé sa consternation sur Twitter.

«Cela nous brise le cœur de voir la cathédrale Notre-Dame de Paris en proie aux flammes. Nous pensons à nos amis français qui combattent cet incendie dévastateur», a-t-il écrit.

Onde de choc

Marti Blancho, étudiant à l’Institut de journalisme de Bordeaux, était en voiture avec son père au moment où ils ont remarqué un attroupement à proximité de la cathédrale.

«Devant le pont Saint-Louis — donnant accès à la cathédrale —, la circulation était presque à l’arrêt, car tout le monde était en train de regarder Notre-Dame. Du coup, dès qu’on a pu voir ce qui se passait, il y avait une énorme colonne de fumée qui sortait de la pointe de Notre-Dame. Les policiers étaient déjà sur place», a relaté M. Blancho en entrevue téléphonique à La Presse canadienne.

En reprenant la route vers son domicile, M. Blancho et son père se faisaient interpeller par des passants. «Vous avez vu? Vous avez vu? Notre-Dame est en train de brûler!», scandaient les Parisiens.

«De chez moi, je vois une énorme colonne de fumée qui passe devant le soleil. C’est assez impressionnant», affirmait-il.

Tom Masson, étudiant parisien en journalisme, était sur les quais avec des amis à prendre un verre, quand l’incendie a éclaté.

«Après une heure, il ne restait presque plus rien de la charpente. Il y a des scènes de désolation. Il y a beaucoup de gens, moi le premier, qui sont très choqués, qui sont émus. C’est quand même un des symboles de Paris qui brûle. C’est un symbole très puissant», a-t-il fait valoir.

«Il y a encore beaucoup de monde autour des quais, autour des ponts qui regardent la scène», affirmait-il en milieu de soirée à Paris.

La Québécoise Annie Pelletier, qui habite en périphérie de Paris depuis deux ans, a communiqué avec bon nombre d’amis français à Montréal, qui s’inquiétaient de la situation.

Elle n’était pas sur les lieux du gigantesque incendie, mais a été happée par les images du drame qui se passait à quelques kilomètres de chez elle. Annie Pelletier avait fait visiter la cathédrale Notre-Dame à sa mère, en visite, pour la première fois à Noël.

«Avec six heures de décalage, je voulais voir (si mes amis) étaient au courant. Tout le monde est touché. C’est un pays en deuil», a-t-elle relaté.

Marie-Ève Gingras, une Québécoise en séjour à Paris, venait de visiter la cathédrale avec son conjoint quelques heures avant que l’incendie n’éclate.

«On l’a visité, je n’étais pas revenu à Paris depuis 19 ans», a-t-elle indiqué.

«Je suis sous le choc. Pour les Parisiens, pour les touristes, pour tout le monde, c’est quelque chose qui est inconcevable», a-t-elle ajouté.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

Commentaires
Laisser un commentaire