Un insecticide nuit à un populaire type d’abeilles, selon une nouvelle étude

Une nouvelle étude de l’Université de Guelph indique qu’un insecticide populaire utilisé sur les fermes partout au Canada a des effets désastreux sur les abeilles nichant dans le sol.

Les abeilles pruinées femelles, qui agissent comme pollinisatrices dans les fermes de citrouilles et de courges, ont creusé 85 % moins de nids lorsqu’elles avaient été exposées à des cultures traitées avec de l’imidaclopride, un insecticide néonicotinoïde, indique la recherche. 

Ces abeilles ont également récolté beaucoup moins de pollen et produit 89 % moins d’oeufs, selon l’étude.

«Ces populations ne font que chuter», a déclaré l’autrice principale, Susan Willis Chan, chercheuse postdoctorale à l’université.

L’étude, publiée récemment dans «Scientific Reports», est la première du genre à se pencher sur les abeilles nichant dans le sol dans un contexte réel, ont déclaré les chercheurs.

Les abeilles nichant dans le sol sont notoirement difficiles à observer pour les chercheurs, a expliqué Mme Chan, en partie parce que leurs nids ne peuvent pas simplement être déplacés, car ils sont sous terre.

Mme Chan a déclaré avoir capturé des abeilles pruinées femelles qui avaient déjà été accouplées et les avoir introduites dans des enclos d’une serre dans une ferme près de Guelph, en Ontario.

Les chercheurs ont planté des cultures de courges et appliqué trois traitements sur certaines d’entre elles, mais en ont laissé une sans pesticide.

L’imidaclopride a été appliqué au sol lors de la plantation de graines de courge. Les graines traitées au thiaméthoxame, un autre néonicotinoïde, ont été examinées, de même que le chlorantraniliprole non néonique, qui a été pulvérisé sur le feuillage des plantes.

Les chercheurs ont suivi les directives de traitement données aux agriculteurs par le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario.

Mme Chan a ensuite enregistré le comportement de recherche de nourriture et de nidification après l’arrivée des abeilles à l’été 2017. Les chercheurs ont répété l’expérience l’année suivante en utilisant la progéniture de ces abeilles pour mesurer l’effet des pesticides sur leur reproduction.

La majorité des abeilles dans le monde sont des abeilles solitaires qui nichent dans le sol et la recherche comble un manque de connaissances à leur égard, a expliqué Mme Chan.

Bayer, qui fabrique Admire, l’imidaclopride utilisé dans l’étude, a déclaré que la recherche nécessitait «un effort supplémentaire significatif pour déterminer la pertinence des résultats dans des conditions réalistes».

«Aucun effet de traitement mesurable n’a été trouvé sur la nouaison ou le rendement des fruits dans tous les traitements (y compris l’imidaclopride) par rapport au contrôle, et les populations d’abeilles n’ont pas été affectées», a déclaré le porte-parole de Bayer, Komie Hossini dans un courriel.

«Cela pourrait permettre de croire qu’il n’y a pas d’impact écologique des traitements, car la pollinisation des abeilles est essentielle à la production de courges.»

Il a également déclaré que forcer les abeilles à nicher dans la parcelle traitée pendant deux années consécutives «peut ne pas refléter les pratiques agricoles normales, où la production de courges est alternée avec d’autres cultures».

Une grande partie des recherches précédentes sur les effets délétères des néonicotinoïdes s’est concentrée sur les abeilles domestiques, qui nichent en colonies loin du sol.

Les néonicotinoïdes attaquent le cerveau de l’abeille en empêchant la transmission du signal entre les neurones. L’exposition a entraîné la mort et la paralysie des abeilles. Les abeilles exposées aux néonicotinoïdes prennent plus de temps à se nourrir à mesure qu’elles vieillissent, ce qui suggère qu’elles ne sont pas en bonne santé, qu’elles ne peuvent pas voler aussi vite ou qu’elles ont du mal à se souvenir comment rentrer chez elles, selon des recherches.

Les bourdons, qui vivent également en colonies, ont également subi des effets délétères dus aux néonicotinoïdes, selon la recherche.

Les populations d’abeilles sont en déclin dans le monde entier depuis des années, et les scientifiques tentent de comprendre pourquoi. Les recherches indiquent que les néonicotinoïdes sont parmi les facteurs contribuant au déclin.

Le tiers des récoltes consommées par les humains, environ, dépendent de la pollinisation par les insectes, les abeilles étant responsables d’environ 80 % de ce nombre, selon des recherches.

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