Un interprète parlementaire hospitalisé pour un choc acoustique en visioconférence

OTTAWA — Un membre du service de traduction parlementaire a été transporté à l’hôpital lors d’une réunion d’un comité sénatorial, jeudi dernier, et son syndicat attribue l’accident de travail à une approche laxiste du port de casques d’écoute lors des visioconférences.

Pendant une réunion du comité sénatorial de l’environnement, le 20 octobre dernier, deux témoins qui participaient virtuellement ne portaient pas le casque d’écoute avec microphone intégré, comme recommandé, et la qualité sonore était mauvaise.

Le président de la réunion, le sénateur Paul Massicotte, a ouvert la séance en prévenant les participants que les deux témoins avaient oublié ou égaré leurs écouteurs, mais qu’on tenterait quand même de procéder, en espérant que ce ne serait pas trop difficile pour les interprètes, a-t-il dit.

Le premier témoin portait des écouteurs alors que le second portait des oreillettes. Lors des questions des sénateurs, un bourdonnement s’est fait entendre au moment de la prise de parole du premier témoin, comme un téléphone intelligent qui vibre sur une table.

Alors que le deuxième témoin répondait aux questions des sénateurs, il y a eu un bruyant et soudain retour sonore. La traduction simultanée en français s’est brièvement arrêtée à ce moment-là, et une autre voix a pris le relais.

L’Association canadienne des employés professionnels déclare que leur membre, un pigiste, a été transporté à l’hôpital en ambulance après avoir éprouvé de graves symptômes et s’être effondré.

Le syndicat soutient qu’il s’agit d’un choc acoustique — lorsque les muscles de l’oreille interne sont exposés à des bruits soudains, comme quelqu’un qui tape sur un microphone ou qui parle tout à coup beaucoup plus fort.

Le syndicat estime que la réunion du comité aurait dû être interrompue, mais elle s’est tout de même poursuivie avec des témoins qui utilisaient un équipement inadéquat.

Le syndicat demande une enquête indépendante, avec communication publique des résultats, et la suspension de toutes les réunions si Ottawa ne peut garantir la sécurité des interprètes.

En entrevue, la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Helena Jaczek, a qualifié l’incident d’«entièrement évitable» et elle a admis qu’il devait y avoir un suivi. 

«La règle veut que personne ne parle sans utiliser le casque approuvé, a déclaré Mme Jaczek, qui supervise le bureau de traduction au Parlement. Que ce soit à la Chambre des communes ou au Sénat, j’aurais pensé que ces règles étaient claires.»

La section canadienne de l’Association internationale des interprètes de conférence affirme que même des bruits brefs peuvent être suffisamment puissants pour créer des symptômes semblables à ceux d’une commotion cérébrale, des bourdonnements dans les oreilles ou des vertiges.

Des experts ont témoigné devant le Parlement que des interprètes se blessent parce qu’ils s’efforcent d’entendre certaines voix et sont exposés à des bruits soudains. Il y a tellement d’interprètes qui ont été mis en congé de maladie que le ministère a dû embaucher des pigistes.

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