Un journal de Terre-Neuve s’excuse pour la manchette «Too drunk to remember»

SAINT-JEAN, – Un journal de Terre-Neuve-et-Labrador a présenté ses excuses pour un titre perçu par certains lecteurs comme attribuant le blâme à la victime dans une affaire d’agression sexuelle alléguée commise par un policier.

Steve Bartlett, rédacteur en chef du «Telegram» à Saint-Jean, Terre-Neuve-et-Labrador, a dit dans une lettre aux lecteurs que le pupitreur tentait d’attirer l’attention sur le rôle que le consentement joue dans les allégations contre le constable Carl Snelgrove, du corps policier provincial.

M. Bartlett a écrit que le journal n’avait pas eu l’«intention de blâmer ou de porter un jugement sur la plaignante», mais que plusieurs personnes avaient interprété le titre autrement, et que le «Telegram» tirerait les leçons de la grogne de ses lecteurs.

Carl Snelgrove est accusé d’avoir agressé sexuellement une femme en état d’ébriété qu’il a ramenée chez lui en voiture à partir d’un bar alors qu’il était en fonction en décembre 2014.

La Couronne argue que le policier d’expérience a agressé la femme qui n’était pas en mesure de consentir ou non à l’acte en raison de son niveau d’intoxication.

Un article sur l’affaire dans le journal de vendredi était affublé du titre «Too drunk to remember» («Trop saoule pour se souvenir»). La manchette a suscité la grogne de certains lecteurs, qui ont estimé qu’elle humiliait la victime.

Jenny Wright, du Conseil du statut de la femme de Saint-Jean, a écrit dans une chronique publiée par le «Telegram», lundi, que le journal avait mis l’accent de manière inappropriée sur le comportement de la femme plutôt que sur les actions alléguées du policier.