Un jury condamne un père et son fils pour les meurtres de deux chasseurs métis

EDMONTON — Un jury de l’Alberta a reconnu coupables un père et son fils pour les meurtres par balles de deux chasseurs métis sur une route de campagne de la province.

Le fils a été condamné pour meurtre au deuxième degré et homicide involontaire alors que le père a été reconnu coupable de deux chefs d’accusation d’homicide involontaire. Leur avocat avait plaidé qu’Anthony Bilodeau et son père Roger Bilodeau avaient agi en légitime défense.

De son côté, la Couronne soutenait que les accusés avaient décidé de se faire justice eux-mêmes en traquant Jacob Sansom et son oncle Maurice Cardinal, parce qu’ils étaient convaincus que les deux chasseurs s’étaient rendus plus tôt sur la propriété de leur ferme familiale dans le but de les voler.

Pour les procureurs, cette fusillade n’était justifiable d’aucune manière.

«Il s’agit simplement d’une affaire de gens qui se font justice et c’est une affaire aux conséquences tragiques», a résumé Jeff Rudiak dans sa plaidoirie aux jurés lundi. 

«Deux hommes innocents, Jake et Morris, qui n’avaient absolument aucune raison de mourir ce soir-là… Ces deux-là n’avaient rien fait de mal.»

Les jurés ont appris que messieurs Sansom et Cardinal étaient allés à la chasse à l’orignal peu de temps avant d’être retrouvés morts en bordure d’une route près de Glendon, en Alberta, en mars 2020.

M. Sansom a été atteint d’une balle à la poitrine et M. Cardinal a été atteint de trois projectiles dans une épaule.

Le jury a entrepris ses délibérations vers l’heure du souper lundi et a finalement rendu son verdict en fin d’après-midi mardi.

Anthony Bilodeau a été déclaré coupable du meurtre au deuxième degré de M. Cardinal et d’homicide involontaire de M. Sansom.

Il a été révélé devant le tribunal que le soir du 27 mars 2020, Anthony Bilodeau a reçu un appel de son père et de son jeune frère qui étaient à la poursuite d’une camionnette blanche de marque Dodge qu’ils soupçonnaient d’avoir vu plus tôt sur la propriété de la ferme familiale.

Roger Bilodeau a dit à son fils aîné de les rejoindre et d’apporter une arme à feu avec lui pour se protéger, a-t-on pu entendre lors du procès.

Anthony Bilodeau a déclaré lors de son témoignage que son téléphone était toujours relié au haut-parleur Bluetooth de son père lorsqu’il a entendu des bruits sourds et un éclat de verre brisé, puis la voix de son frère crier à quelqu’un de ne pas tuer ou blesser son père.

Il a été mentionné en cour que M. Sansom aurait fracassé la fenêtre du côté passager de la camionnette Ford F-150 de Roger Bilodeau avec son poing, puis qu’il aurait attaqué Joseph et Roger Bilodeau dans la camionnette.

À son arrivée sur les lieux, Anthony Bilodeau a dit avoir abattu M. Sansom parce qu’il avait foncé sur lui. Il a aussi raconté avoir entendu M. Sansom demander à M. Cardinal de prendre son arme pour le tuer.

Anthony Bilodeau a prétendu avoir abattu M. Cardinal après que celui-ci se soit approché de lui avec une arme imposante. Ce dernier lui aurait dit qu’il le tuerait parce qu’il avait tiré sur M. Sansom.

D’après le témoignage d’Anthony Bilodeau, il aurait vu un chargeur rattaché à l’arme de M. Cardinal, ce qui lui aurait fait craindre pour la sécurité de tout le monde. Il a dit avoir tiré deux balles supplémentaires à l’arrière de l’épaule de sa victime.

Pour les procureurs, ces meurtres n’étaient pas légitimes puisqu’il n’y avait aucune menace au moment où Roger Bilodeau a demandé à son fils Anthony de le rejoindre avec une arme à feu. Me Rudiak a insisté sur le fait qu’Anthony Bilodeau est la première personne à avoir brandi une arme et à avoir fait escalader la tension.

En défense, Me Brian Beresh, qui représentait Anthony Bilodeau, a demandé aux jurés de disculper son client parce qu’il n’avait pas d’autre choix que d’ouvrir le feu sur les deux chasseurs.

Il a été rapporté devant le tribunal qu’après la fusillade, Anthony Bilodeau a découpé son arme en morceaux avant de s’en débarrasser dans une décharge. Il se serait aussi débarrassé dans une autre décharge de phares qui se trouvaient sur son pare-chocs.

Me Shawn Gerstel, qui représentait Roger Bilodeau, a soutenu que son client avait suivi les deux chasseurs seulement pour leur demander pourquoi ils étaient sur sa propriété. Il a reconnu que le comportement de son client était une erreur, mais pas un crime.

L’avocat de la défense a plaidé que le père et le fils s’étaient parlé environ deux minutes et demie au téléphone avant la fusillade et qu’ils n’avaient donc pas pu échafauder un plan.

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