Un jury recommande que l’Ontario déclare la violence conjugale comme une épidémie

L’Ontario devrait officiellement déclarer la violence entre partenaires intimes comme une épidémie et le gouvernement fédéral devrait ajouter le féminicide au Code criminel, a recommandé mardi un jury lors d’une enquête du coroner sur la mort de trois femmes assassinées par leur ancien partenaire.

L’enquête, qui a commencé le 6 juin, a examiné les circonstances entourant les décès de Carol Culleton, Anastasia Kuzyk et Nathalie Warmerdam. Elle s’est concentrée sur la dynamique de la violence sexiste, de la violence conjugale et du féminicide dans les communautés rurales.

Mmes Culleton, Kuzyk et Warmerdam ont été tuées sur leurs propriétés dans la région du comté de Renfrew le 22 septembre 2015 par Basil Borutski, un homme avec qui elles avaient eu des relations antérieures et qui avait des antécédents connus de violence contre les femmes.

Les recommandations et le verdict du jury ont entraîné les pleurs de certaines des personnes qui ont assisté à la dernière journée de l’enquête à Pembroke, en Ontario.

Au total, les jurés ont livré une liste de 86 recommandations visant à prévenir des tragédies similaires, ajoutant à une liste de recommandations proposées par les avocats et la fille de Mme Warmerdam.

Les recommandations s’adressent en grande partie au gouvernement provincial, notamment la création d’une ligne d’assistance téléphonique 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour les hommes afin de les empêcher de se livrer à la violence conjugale, la création d’un fonds d’urgence pour aider les femmes à rechercher la sécurité et la création d’une commission indépendante vouée à l’éradication de la violence conjugale.

Le jury composé de cinq membres a également recommandé que le gouvernement fédéral envisage d’ajouter le terme «féminicide» et sa définition au Code criminel, et mette en œuvre le Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe dans un avenir rapproché.

La présidente Leslie Reaume a lu à haute voix le verdict du jury, affirmant que les jurés avaient déterminé que Mmes Culleton, Warmerdam et Kuzyk étaient toutes mortes par homicide.

Les jurés ont également déterminé que la cause du décès de Mme Culleton était une obstruction des voies respiratoires supérieures, tandis que Mme Kuzyk et Mme Warmerdam sont toutes deux mortes de blessures par balle à la poitrine et au cou.

Mme Reaume a remercié toutes les personnes impliquées dans le processus d’enquête, y compris les témoins qui «ont si généreusement donné de leur temps», ainsi que les femmes de la communauté anti-violence du comté de Renfrew et d’ailleurs.

«J’espère sincèrement que cette enquête conduira à un changement réel et durable», a-t-elle déclaré.

— avec des informations de Sarah Ritchie

Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière des Bourses de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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