Un monument à Pikogan pour les femmes autochtones disparues et assassinées

AMOS, Qc — Le conseil de la communauté Abitibiwinni de Pikogan, située à 3 km d’Amos, a commémoré la Journée nationale pour les femmes autochtones disparues et assassinées, en adoptant une résolution pour la création d’un monument à la mémoire de ces femmes.

Il s’agira d’une sculpture de métal représentant une femme stylisée, oeuvre de Carlos Kistabish, un artiste de Pikogan. La sculpture est en cours de conception, et on prévoit l’inaugurer le printemps prochain.

Le Conseil a adopté la résolution la semaine dernière, en prévision de la Journée nationale de ce lundi, 4 octobre.

Le parc Sindy-Ruperthouse

Le parc où sera inauguré le monument, situé tout juste à l’entrée du village, le long de la route 109, est d’ailleurs l’endroit où, la semaine dernière, une centaine de résidants de la communauté s’étaient donné rendez-vous pour manifester contre le mauvais traitement subi par Joyce Eshequan à l’hôpital de Joliette.

Le conseil a aussi annoncé que ce parc sera renommé à la mémoire de Sindy Ruperthouse, l’une des membres de cette communauté dont la disparition, en 2014, n’a toujours pas été élucidée.

La femme de 44 ans a été vue pour la dernière fois à bord d’une voiture, en avril 2014, dans un secteur au sud de Val-d’Or. On croit qu’elle aurait été assassinée.

La famille de Sindy Ruperthouse a effectué plusieurs recherches dans le secteur, sans succès.

Le beau-père de Sindy, Johnny Wylde, a même embauché des unités de recherche professionnelles pour tenter de retrouver la trace de sa belle-fille, sans résultat pour le moment.

Une enquête qui se poursuit

La Sûreté du Québec, quant à elle, poursuit toujours son enquête pour tenter de retrouver la femme. «Il y a une nouvelle enquêtrice dans le dossier, a confirmé Johnny Wylde. Nous devons la rencontrer bientôt. Pour le moment, rien n’a encore bougé.»

Une personne pourrait détenir la clé de ce mystère.

Lévis Landry, aujourd’hui âgé de 58 ans, a été la dernière personne à avoir vu Sindy Ruperthouse vivante.

Il a été condamné en septembre 2018 à une peine de 16 ans et demi d’emprisonnement, après avoir plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire, en rapport avec la mort d’une autre femme, Marie-Ève Charron, retrouvée sans vie le 9 mai 2016.

Plusieurs amis de Sindy Ruperthouse croient qu’il l’aurait tuée. «Où est Sindy?», criaient-ils à Lévis Landry lors de son procès. Le principal intéressé, lui, s’est réfugié dans le mutisme le plus total, malgré plusieurs interrogatoires de la police. «Je ne crois pas qu’il va parler», estime Johnny Wylde.

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