Un nombre croissant de républicains s’opposent au procès de Trump au Sénat

WASHINGTON — Un nombre croissant de sénateurs républicains s’opposent au procès de destitution contre l’ancien président Donald Trump, signe qu’il semble de moins en moins possible de voir ce dernier être condamné pour avoir incité une émeute au Capitole.

La présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, remettra officiellement lundi soir l’acte d’accusation «d’incitation à l’insurrection» au Sénat. Les démocrates espèrent que les dénonciations contre M. Trump pour son rôle dans l’émeute du 6 janvier, certaines formulées par des ténors républicains, se traduiront par une condamnation. Ils veulent aussi interdire une nouvelle candidature de l’ancien locataire de la Maison-Blanche.

Toutefois, la colère au sein des républicains s’est refroidie depuis ce temps. Comme la présidence de Donald Trump est officiellement terminée, des sénateurs républicains — qui feront partie des jurés pendant le procès en destitution — se rallient à sa défense, comme ils l’avaient fait lors du premier procès en destitution, l’an dernier.

«Ce procès est stupide. Il est contre-productif, a proclamé le sénateur Marco Rubio. La première chance que j’ai de voter pour mettre fin à procès, je le fais». Selon lui, le procès représente une mauvaise chose pour le pays et risque de creuser davantage les divisions partisanes.

Les arguments seront entendus au Sénat à compter de la semaine du 8 février. Les dirigeants des deux partis ont accepté de donner à M. Trump et aux procureurs de la Chambre des représentants le temps de se préparer. Cela permettra aux sénateurs de confirmer certaines nominations ministérielles du président Joe Biden.

Selon les démocrates, le court délai permettra aussi à découvrir davantage de preuves pour condamner M. Trump. Des républicains, eux, espèrent présenter un front uni à la défense de l’ancien président.

Une motion pour annuler le procès ne sera probablement pas adoptée puisque les démocrates contrôlent désormais le Sénat. Toutefois, pour faire condamner Donald Trump, ils ont besoin de l’appui de 17 sénateurs républicains. Une tâche difficile. De nombreux sénateurs du parti de Donald Trump ont déjà annoncé qu’ils voteront en faveur de l’acquittement.

Déjà le 13 janvier, le sénateur Tom Cotton avait déclaré que le Sénat n’avait pas le pouvoir constitutionnel de condamner un ancien président. Dimanche, il a déclaré que plus il en discutait avec ses collègues républicains, plus ceux-ci tombaient d’accord avec lui.

«Beaucoup d’Américains vont penser qu’il est étrange que le Sénat passe son temps à essayer de condamner et de destituer un homme qui a quitté ses fonctions il y a une semaine», a-t-il souligné.

Les démocrates font valoir qu’un ancien secrétaire à la guerre avait été destitué en 1876 même après sa démission. Ils font aussi valoir l’opinion de nombreux juristes. Ils veulent des sanctions contre celui qui a dit à ses partisans qu’il fallait «se battre comme des diables» contre les résultats de l’élection présidentielle en train d’être certifiés par le Congrès. Ce procès est nécessaire pour qu’un tel assaut ne se reproduise plus et pour que le pays puisse aller de l’avant, plaident-ils.

Quelques sénateurs républicains ont exprimé leur accord avec les démocrates, mais pas suffisamment pour espérer condamner Donald Trump.

«Ce qui est allégué est ce dont nous avons été témoins. Il y a eu incitation à une insurrection, ce qui représente un délit méritant destitution, a déclaré Milt Romney. Sinon qu’est-ce qui le mériterait ?»

Mais le sénateur John Cornyn a menacé les démocrates d’un retour du bâton si les républicains reprenaient le contrôle du Congrès en 2022. «Si c’est une bonne idée de destituer et de juger d’anciens présidents, qu’en est-il des anciens présidents démocrates si les républicains obtiennent la majorité en 2022? Pensez-y et faisons ce qui est le mieux pour le pays.»

Lindsey Graham, un proche allié de l’ancien président, a exhorté ses collègues à rejeter l’idée d’un procès en rejetant tout simplement l’accusation. Il a toutefois laissé entendre que les républicains examineront si les propos de Donald Trump lors du rassemblement ayant précédé l’émeute étaient légalement «une incitation».

Si le leader républicain du Sénat, Mitch McConnell, a reconnu que Donald Trump avait «provoqué» ses partisans avant l’émeute, il a refusé de dire s’il votera pour la destitution.

– Par Mary Clare Jalonick et Lisa Mascaro, The Associated Press

Laisser un commentaire